Assurances sociales & entreprise

Trois piliers, quatre assurances de risque, une poignée de plafonds qui se ressemblent. Ce que l'employeur doit affilier, décompter et déclarer, et les montants 2026.

Information générale sur le droit suisse : ce n'est pas un conseil juridique individuel.

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Gisèle, spécialiste RH, lève le doigt
L'essentiel en trente secondes.
  • Trois piliers pour la retraite, plus les assurances de risque : accidents, chômage, perte de gain.
  • Deux plafonds à retenir : 148 200.- gain assuré LAA et chômage 99 000.- pour les APG
  • L'employeur affilie, décompte et verse - c'est lui le débiteur des cotisations, part employé comprise.
  • Les montants changent au 1er janvier : un support de l'an dernier est déjà faux.

🏛️Les branches, en une page

qui paie quoi, sur quelle base, jusqu'à quel plafond

BrancheCouvreTauxRépartitionPlafond
AVSvieillesse, décès8,7 %moitié-moitiéaucun
AIinvalidité1,4 %moitié-moitiéaucun
APGservice, maternité, congé de l'autre parent, proche aidant0,5 %moitié-moitiéaucun
ACchômage2,2 %moitié-moitié148 200.-
LAA professionnelsaccidents et maladies professionnelsselon la policeemployeur148 200.-
LAA non professionnelsaccidents de loisirsselon la policetravailleur en principe148 200.-
LPPvieillesse, invalidité, décès - 2e pilierselon le planemployeur ≥ 50 %90 720.-
Allocations familialesenfants et formationselon le cantonemployeuraucun
Ce que beaucoup inversent. La prime de l'assurance-accidents professionnels (AAP) est à la charge de l'employeur ; celle de l'assurance-accidents non professionnels (AANP) est en principe à la charge du travailleur, retenue sur son salaire. L'employeur peut décider de la prendre en charge, jamais l'inverse.

Le seuil des huit heures, et pourquoi le trajet reste couvert

Tous les salariés sont assurés contre les accidents professionnels dès la première heure de travail. Le seuil de huit heures ne concerne que les accidents non professionnels.

Temps de travail chez le même employeurAccidents professionnelsAccidents non professionnelsTrajet domicile - travail
8 heures par semaine ou pluscouvertscouverts (AANP obligatoire)couvert par l'AANP
Moins de 8 heures par semainecouvertspas couvertscouvert quand même, mais au titre des accidents professionnels
La subtilité à retenir. Le collaborateur qui travaille moins de huit heures par semaine n'a pas d'assurance pour ses accidents de la vie privée : c'est sa caisse-maladie qui prend le relais, et il faut le lui dire. Mais son trajet entre le domicile et le lieu de travail est explicitement assimilé à un accident professionnel, donc pris en charge par l'assurance de l'entreprise. C'est une exception voulue par le législateur, pour que personne ne soit sans couverture sur le chemin du travail.

Base légale : art. 7 al. 2 LAA pour l'assimilation du trajet, art. 13 al. 1 OLAA pour le seuil de huit heures. Le seuil s'apprécie par employeur : une personne qui travaille six heures chez A et six heures chez B n'atteint le seuil chez aucun des deux.

🧱Les trois piliers

l'architecture du système, et ce qu'elle vise

1er pilier - AVS, AI, PC

Couvrir les besoins vitaux.

Obligatoire, par répartition : les cotisations d'aujourd'hui paient les rentes d'aujourd'hui.

Aucun plafond de cotisation, mais une rente plafonnée.

Rente de vieillesse minimale1 260.- par mois
Rente de vieillesse maximale2 520.- par mois
Rente maximale sur l'année30 240.-

Le rapport est exactement de un à deux : c'est le repère à retenir. Les prestations complémentaires interviennent si la rente ne suffit pas.

La 13e rente arrive en décembre 2026

C'est la nouveauté de l'année, issue de la votation du 3 mars 2024.

Elle est versée une fois par an, comme un supplément à la rente de décembre, automatiquement et sans démarche.

Son montant vaut un douzième de la somme des rentes de vieillesse touchées dans l'année. N'y entrent pas la rente pour enfant, la rente complémentaire, ni le supplément des femmes de la génération transitoire d'AVS 21.

Ce qui n'est pas encore réglé : le financement. Le Parlement a accepté, le 19 juin 2026, de relever la TVA de 0,4 point dès 2028 - le taux normal passerait de 8,1 à 8,5 %. Le peuple se prononce le 29 novembre 2026. La 13e rente, elle, sera bien versée en décembre 2026 quel que soit le résultat.

Elle ne concerne que les rentes de vieillesse. Ni l'AI, ni les rentes de survivants ne la touchent.

L'AI, souvent oubliée du schéma

Elle fait pourtant partie du même pilier, avec les mêmes cotisations prélevées sur le décompte de salaire.

Objectifla réadaptation avant la rente : formation, reclassement, moyens auxiliaires
Délai d'attenteune année d'incapacité d'au moins 40 % en moyenne
Détection précocepossible dès 30 jours d'absence, ou en cas d'absences répétées
Rentemême échelle que l'AVS : 1 260.- à 2 520.- pour une rente entière
Le réflexe RH. L'employeur peut annoncer lui-même un collaborateur à la détection précoce, avec son accord, dès trente jours d'absence continue. C'est gratuit, cela n'ouvre aucun droit à une rente, et cela change tout : plus l'AI intervient tôt, plus la reprise du travail est probable.

2e pilier - LPP

Maintenir le niveau de vie antérieur. Obligatoire dès un salaire annuel de 22 680.-, par capitalisation : chacun épargne pour soi. Il ne couvre pas que la vieillesse : le décès et l'invalidité en font partie.

Seuil d'entrée22 680.-
Déduction de coordination26 460.-
Salaire assuré maximum90 720.-
Salaire coordonné minimal3 780.-

Tout se déduit de la rente AVS maximale de 30 240.- : les 3/4 pour le seuil, les 7/8 pour la coordination, le triple pour la limite supérieure. L'employeur finance au moins la moitié des cotisations.

Un exemple, salaire de 78 000.- à 42 ans

Salaire annoncé78 000.-
− déduction de coordination− 26 460.-
= salaire coordonné51 540.-
× bonification de 42 ans (10 %)5 154.- par an
÷ 2, part du salarié2 577.- par an
Retenue mensuelle214.75

Soit 3,6 % du brut, alors que le taux affiché est de 10 % : tout l'écart vient de la déduction de coordination. Les bonifications minimales sont de 7 % de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44, 15 % de 45 à 54, puis 18 %.

Obligatoire et surobligatoire

Ce que nous venons de calculer, c'est le régime obligatoire : le minimum que la loi impose. Tout ce qu'une caisse assure en plus relève du surobligatoire, et n'obéit pas aux mêmes règles.

ObligatoireSurobligatoire
Salaire concernéle salaire coordonné, de 3 780.- à 64 260.-ce qui dépasse 90 720.-, la déduction de coordination, la part sous le seuil
Bonifications7, 10, 15 puis 18 %librement fixées par le règlement de la caisse
Intérêt minimal1,25 % garanti en 2026aucun minimum légal
Taux de conversion6,8 % garantifixé par la caisse, souvent bien plus bas

Le taux de conversion transforme le capital en rente : 100 000.- d'avoir donnent 6 800.- de rente annuelle dans le régime obligatoire.

Pourquoi cela compte pour un RH. La plupart des caisses sont dites enveloppantes : elles mélangent les deux régimes dans un seul compte, et tiennent un calcul témoin pour prouver que le minimum LPP est respecté. Un collaborateur qui compare deux employeurs ne doit donc pas regarder le taux affiché, mais la part surobligatoire du plan - c'est là que se joue la différence.

3e pilier

Compléter librement. Facultatif.

Le pilier 3a est lié : bloqué jusqu'à cinq ans avant l'âge de référence, mais déductible du revenu imposable. Le 3b est libre, sans avantage fiscal fédéral.

Les montants 3a 2026

Avec un 2e pilier7 258.- par an
Sans 2e pilier20 % du revenu, au plus 36 288.-

Inchangés par rapport à 2025, comme tous les montants de la prévoyance cette année.

La nouveauté : le rachat des années manquées

Depuis le 1er janvier 2025, il est possible de combler rétroactivement les années où l'on n'a pas versé le maximum.

Années récupérablesles dix dernières, mais jamais avant 2025
Premier rachat possibleen 2026, pour l'année 2025
Montant par année rachetéeau plus la petite cotisation, soit 7 258.-
Rythmeun rachat par an, en plus de la cotisation ordinaire
Déduction fiscaleoui, du revenu imposable
La condition qui bloque tout le monde. Il faut avoir versé l'intégralité de la cotisation de l'année en cours avant de pouvoir racheter une année passée. Concrètement, en 2026 : 7 258.- pour 2026, puis 7 258.- pour 2025 - soit 14 516.- à sortir la même année. Et il fallait un revenu soumis à l'AVS l'année que l'on rachète.

L'employeur n'intervient pas dans le 3e pilier, mais la question revient souvent en entretien : autant connaître la réponse.

Les autres branches du 1er pilier

Les trois piliers décrivent la prévoyance vieillesse, survivants et invalidité. Mais le système des assurances sociales est plus large : les assurances de risque relèvent du 1er pilier au sens large, celui des assurances obligatoires de l'État.

LAAaccidents professionnels et non professionnels
ACchômage et insolvabilité de l'employeur
APGservice, maternité, autre parent, adoption, proche aidant
LAMalsoins - contractée individuellement, pas par l'employeur
LAFamallocations familiales, par caisse cantonale

La LAMal et les allocations familiales sont les deux que l'on oublie le plus dans les schémas.

Où trouver le reste. Le calcul des cotisations sur le décompte est traité sur la page des salaires, le deuxième pilier sur la page LPP.

🚑La LAA en détail

les montants, les prestations, et ce qui fait réduire ou refuser l'indemnité

Les montants 2026

Gain assuré maximum148 200.- par an
Et par jour406.-, samedis et dimanches compris
Indemnité journalière80 % du gain assuré, dès le 3e jour qui suit l'accident
Rente d'invaliditédès 10 % d'invalidité ; 80 % du gain assuré si l'invalidité est totale
Le plafond journalier de 406.- se déduit du plafond annuel : 148 200 ÷ 365. C'est lui qui compte pour un décompte d'indemnités, et il vaut aussi pour les week-ends.

Les rentes de survivants

Veuve ou veuf40 % du gain assuré
Conjoint divorcé20 %, au plus le montant de la contribution d'entretien
Orphelin de père ou de mère15 %
Orphelin de père et de mère25 %
Plusieurs survivants ensemble70 % au maximum

Une veuve de moins de 45 ans sans enfant ne reçoit pas de rente mais un capital, de une à cinq rentes annuelles selon la durée du mariage.

Quand l'assurance réduit ou refuse

SituationConséquence
Acte intentionnelaucune prestation, sauf les frais funéraires
Négligence graveréduction des indemnités journalières pendant les deux premières années, dans l'assurance des accidents non professionnels
Rixe, bagarre, désordresprestations en espèces réduites d'au moins la moitié
Entreprise téméraireréduction de moitié, refus dans les cas graves
Participation à des actes de guerre, de terrorisme ou de banditismeaucune prestation. La victime d'un attentat, elle, reste couverte
L'exception qui honore la loi. Le sauvetage d'une personne n'est jamais traité comme une entreprise téméraire, quel que soit le risque pris.

Le seuil des huit heures quand l'horaire est irrégulier

Que faire d'un collaborateur qui travaille tantôt six heures, tantôt dix ? Le Tribunal fédéral a tranché : la couverture contre les accidents non professionnels est admise soit lorsque la durée hebdomadaire moyenne atteint huit heures, soit lorsque les semaines d'au moins huit heures sont prépondérantes.

Sources : LAA art. 16 à 37, OLAA art. 13, 22, 49 et 50 ; ATF 8C_859/2012

Ce que l'employeur doit compléter

SituationCe que doit l'employeur
Les deux jours de délai d'attenteau moins 80 % du salaire, art. 324b al. 3 CO
Salaire supérieur au gain maximum assurécompléter jusqu'à 80 % du salaire effectif, pendant la durée de l'échelle bernoise
Collaborateur non assuré contre les accidents non professionnels (moins de 8 h par semaine)100 % du salaire pendant la durée de l'échelle

Quand l'assurance s'arrête

La couverture cesse le 31e jour qui suit la fin du droit à au moins un demi-salaire. Elle peut être prolongée jusqu'à six mois par convention conclue avant cette échéance.

Une obligation d'information qu'on oublie systématiquement. L'employeur doit informer par écrit le collaborateur qui quitte l'entreprise qu'il cesse d'être couvert contre les accidents non professionnels et qu'il doit le signaler à sa caisse-maladie. Sans cette annonce, la personne se retrouve sans couverture accident - et l'employeur qui n'a pas informé peut en répondre.

🤒L'assurance perte de gain maladie

facultative dans la loi, indispensable en pratique

Aucune loi n'impose une assurance perte de gain maladie. Une convention collective peut le faire, et fixer les conditions. À défaut, chaque collaborateur peut s'assurer lui-même.

Modèle LAMalModèle LCA, assurance privée
Seuil d'incapacitéau moins 50 %selon la police
Débutdès le 3e jour, sauf accord contraireselon le délai d'attente convenu
Durée720 jours sur 900selon la police, en général 720 jours
Réservesexclusion possible de maladies antérieures, cinq ans au plusselon la police
Fin du contrat de travailla couverture s'éteint ; droit de passage dans l'assurance individuelle, à demander en principe dans les trois moisles indemnités restent dues jusqu'à épuisement de la durée convenue, sauf clause contraire

L'employeur qui assure ses collaborateurs prend à sa charge au moins la moitié de la prime. Il n'est libéré de l'article 324a CO que si trois conditions sont réunies : un accord écrit, une couverture au moins équivalente - en pratique 80 % du salaire - et le versement effectif des indemnités.

Deux pièges de cotisation. Les indemnités journalières de l'assureur ne sont pas soumises à l'AVS. En revanche, le complément versé par l'employeur - le délai d'attente, ou la part au-delà de 80 % - est du salaire déterminant : il cotise à l'AVS, l'AI, les APG et le chômage.
Le devoir d'information. L'employeur doit renseigner sur les conditions d'assurance, les risques non couverts, les réserves, et surtout sur ce qui se passe après la fin du contrat. Si la police limite les prestations à la fin des rapports de travail sans que le collaborateur en ait été informé par écrit, l'employeur peut devoir en répondre.
Sources : LAMal art. 67 à 74 ; CO art. 324a ; Guide de l'employeur, Centre Patronal, fiches V-6 et V-7

🏢Les assurances de l'entreprise, celles qui ne sont pas sociales

elles ne figurent sur aucun décompte de salaire, mais c'est souvent aux RH qu'on pose la question

Ce qui protège l'entreprise contre ce qu'elle cause

AssuranceCe qu'elle couvreObligatoire ?
RC entrepriseles dommages causés à des tiers par l'activité, les locaux, les collaborateurs, les produitsnon, mais indispensable
RC professionnelleles fautes commises dans l'exercice du métier : mauvais conseil, erreur de calcul, dossier oubliéoui pour certaines professions réglementées
RC des organes (D&O)la responsabilité personnelle des membres du conseil et de la direction, y compris pour des cotisations sociales impayéesnon
Protection juridiqueles frais d'avocat et de procédure, notamment en droit du travailnon
Cyberla fuite de données, le rançongiciel, l'interruption informatiquenon
Le point qui concerne directement les RH. L'employeur qui ne verse pas les cotisations AVS retenues sur les salaires engage la responsabilité personnelle de ses organes, sur leur fortune privée (art. 52 LAVS). Aucune assurance ne couvre l'acte intentionnel : une D&O n'efface pas cette responsabilité, elle finance au mieux la défense.

Ce qui protège l'entreprise contre ce qu'elle subit

AssuranceCe qu'elle couvre
Perte de gain maladie (APGM)le salaire pendant une maladie, en général 80 % pendant 720 jours. Facultative, mais c'est elle qui libère l'employeur de l'article 324a CO
Choses et bâtimentincendie, dégâts d'eau, vol, bris de machine
Perte d'exploitationles charges fixes qui continuent quand l'activité s'arrête
LAA complémentairela part du salaire au-delà de 148 200.-, la division privée, l'indemnité portée à 100 %
Voyages et détachementles collaborateurs envoyés à l'étranger, souvent hors couverture LAMal ordinaire
La seule vraiment obligatoire des deux tableaux reste la LAA, qui est une assurance sociale. Tout le reste relève du choix de l'entreprise - ce qui n'empêche pas la perte de gain maladie d'être devenue un standard, y compris dans beaucoup de conventions collectives, qui l'imposent alors contractuellement.

📌Les montants 2026 à connaître

ceux qui reviennent tout le temps

RepèreMontant
Cotisation AVS/AI/APG minimale, personne sans activité530.- par an
Rente AVS de vieillesse1 260.- à 2 520.- par mois
Gain maximum assuré LAA et plafond chômage148 200.- par an
Revenu maximum déterminant pour les APG99 000.- par an, soit 220.- par jour
LPP - seuil d'entrée22 680.-
LPP - déduction de coordination26 460.-
LPP - limite supérieure du salaire annuel90 720.-
LPP - salaire coordonné minimal3 780.-
Allocations familiales - minimums fédéraux215.- par enfant · 268.- en formation
Salaire de minime importance2 500.- par an et par emploi
Franchise des bénéficiaires de rente en activité16 800.- par an
Ne confondez pas 22 680 et 26 460. Le premier est le seuil d'entrée à la LPP, le second la déduction de coordination. Ils se ressemblent, ils ne servent pas à la même chose, et l'inversion fausse tout le salaire coordonné.

📋Les obligations de l'employeur

dans l'ordre où elles se présentent

1
S'affilier à une caisse de compensation AVS, à une caisse d'allocations familiales, à un assureur LAA et à une institution de prévoyance. L'affiliation est obligatoire dès le premier collaborateur.
2
Annoncer chaque entrée et chaque sortie, ainsi que les changements de situation : passage à temps partiel, congé non payé, absence longue.
3
Décompter et retenir la part du collaborateur sur chaque salaire. L'employeur est débiteur de l'ensemble des cotisations envers la caisse : s'il oublie de retenir la part employé, il la doit quand même.
4
Payer - trimestriellement si la masse salariale ne dépasse pas 200 000.-, mensuellement au-delà, au plus tard le 10 qui suit la période.
5
Déclarer les salaires de l'année au plus tard le 30 janvier suivant.
Retard : 5 % d'intérêt moratoire par an, sans sommation et sans qu'une faute soit nécessaire. Et les cotisations comptent comme payées quand l'argent est sur le compte de la caisse.

🌍L'ANOBAG, quand l'employeur n'est pas en Suisse

le salarié qui cotise seul : qui est concerné, combien il paie, et ce que les RH doivent vérifier

De quoi parle-t-on

ANOBAG est l'abréviation allemande de Arbeitnehmer ohne beitragspflichtigen Arbeitgeber : salarié dont l'employeur n'est pas tenu de payer des cotisations. Le mot n'existe pas dans la loi française, mais toutes les caisses de compensation l'emploient.

Le point de départ tient en une phrase de la loi : sont tenus de payer des cotisations tous les employeurs ayant un établissement stable en Suisse ou occupant des personnes assurées dans leur ménage. Un employeur qui n'a ni l'un ni l'autre n'est donc pas tenu de cotiser - et son salarié, s'il est assuré en Suisse, devient un ANOBAG.

art. 12 al. 1 et 2 LAVS

Le casANOBAG ?
Une personne domiciliée en Suisse, engagée par une société étrangère sans succursale ni bureau en Suisse, qui travaille depuis chez elleoui, en principe
La même société ouvre une succursale à Genève et y rattache le contratnon : il y a établissement stable
Une personne envoyée en Suisse pour une durée limitée par son employeur à l'étranger (détachement)non : régime du détachement
Avant toute chose, vérifiez la convention. La loi réserve expressément les conventions internationales, qui peuvent aussi bien soumettre un employeur sans établissement stable en Suisse que dispenser un employeur qui en a un. Avec un employeur établi dans l'Union européenne ou l'AELE, c'est la coordination européenne qui désigne la législation applicable, avant toute question de taux.

art. 12 al. 3 LAVS · art. 2 al. 2 LAA pour le détachement

Ce que paie l'ANOBAG, branche par branche

BrancheTauxQui paieBase légale
AVS8,7 %le salarié, en entierart. 6 al. 1 LAVS
AI1,4 %le salarié, en entierart. 2 et 3 LAI, qui renvoient à la LAVS
APG0,5 %le salarié, en entierLAPG, même mécanisme
Total AVS-AI-APG10,6 %sur le salaire déterminant, sans plafond
AC2,2 %le salarié paie « la cotisation pleine et entière »art. 3 al. 2 et 3 LACI
Frais de gestionen plusla caisse les facture selon son barème

Le salarié ordinaire paie 5,3 % d'AVS-AI-APG, son employeur les 5,3 % restants. L'ANOBAG paie les 10,6 %. C'est l'unique différence de fond, et elle se voit immédiatement sur la fiche de salaire. Elle doit donc avoir été négociée dans le salaire brut : sans cela, la personne perd environ un vingtième de sa rémunération.

Le chiffre à ne pas confondre. Les 8,7 % de l'ANOBAG ne sont pas « la part employeur en plus » : c'est le taux plein de l'AVS, celui que salarié et employeur se partagent d'ordinaire par moitié. Le total à verser est donc le même qu'ailleurs ; c'est la répartition qui change.

L'accord qui remet l'employeur dans le circuit

La loi ouvre une porte que peu de monde connaît : si l'employeur y consent, les cotisations peuvent être perçues comme pour n'importe quel salarié, retenues sur chaque paie et versées périodiquement. Le taux devient alors de 4,35 % pour chacune des parties.

art. 6 al. 2 LAVS · art. 14 al. 1 LAVS pour la perception

Sans accordAvec l'accord de l'employeur
Taux AVS8,7 % à la charge du salarié4,35 % pour chaque partie
Qui décomptele salarié, avec sa caissel'employeur, comme un employeur suisse
Rythmecotisations fixées et versées périodiquementretenue à chaque paie

art. 14 al. 2 LAVS pour le rythme sans accord

C'est la première chose à proposer. Beaucoup d'employeurs étrangers acceptent volontiers cet accord : il ne leur coûte pas plus cher qu'un emploi ordinaire et il évite au collaborateur d'avancer seul des cotisations trimestrielles. Demandez-le par écrit, avant la signature du contrat.

Le deuxième pilier et l'accident : là où les surprises arrivent

LPPLa prévoyance professionnelle ne s'applique qu'aux personnes assurées à l'AVS - la condition est donc remplie. L'employeur étranger peut demander lui-même son affiliation à l'institution supplétive, qui est tenue d'affilier les employeurs qui en font la demande et d'admettre les personnes qui veulent s'assurer à titre facultatif.art. 5 al. 1, 11 al. 1 et 60 al. 2 let. b et c LPP
LAALes travailleurs occupés en Suisse sont assurés obligatoirement contre les accidents, quel que soit le siège de l'employeur. Encore faut-il qu'un contrat existe : si la personne n'est pas assurée au moment de l'accident, c'est la caisse supplétive qui alloue les prestations légales, et elle se retourne ensuite contre l'employeur négligent.art. 1a al. 1 let. a, 59 al. 3 et 73 al. 1 LAA
Perte de gain maladieElle reste facultative, comme pour tout le monde. Sans elle, le salarié d'un employeur étranger se retrouve avec les seules échelles de l'article 324a CO, souvent quelques semaines.
Le trou de couverture typique. Une personne engagée depuis l'étranger règle son AVS avec la caisse, se croit en ordre, et découvre après une chute qu'aucune assurance-accidents n'a jamais été conclue. Le premier réflexe, dès la signature : demander le nom de l'assureur LAA et le numéro de contrat, par écrit.

La check-list du RH devant un contrat étranger

1L'employeur a-t-il un établissement stable en Suisse ? C'est la seule question qui détermine le régime.
2Une convention internationale s'applique-t-elle, et que dit-elle de la législation applicable ?
3L'employeur consent-il à décompter lui-même ? Le demander avant la signature.
4Le salaire brut intègre-t-il les cotisations que la personne devra porter seule ?
5Quelle caisse de compensation est compétente, et l'affiliation est-elle faite ?
6Qui a conclu la LAA, et depuis quelle date ?
7Une solution de deuxième pilier existe-t-elle, et laquelle ?
8Une perte de gain maladie a-t-elle été prévue au contrat ?

⚠️Cinq confusions fréquentes

celles qu'on retrouve dans les contrôles

1 · Le seuil LPP et la déduction de coordination

22 680.- pour entrer, 26 460.- à déduire. Deux montants voisins, deux rôles différents.

2 · Qui paie l'assurance-accidents

Professionnels : employeur. Non professionnels : travailleur, en principe.

3 · Les allocations familiales dans le gain assuré

Non soumises à l'AVS, mais bien dans le gain assuré LAA. L'inverse de l'intuition.

4 · Le plafond APG

99 000.- pour les APG, pas 148 200.-. Le plafond de 148 200.- vaut pour la LAA et le chômage.

5 · La LAMal n'est pas une affaire d'employeur

Chacun contracte son assurance-maladie individuellement. L'employeur n'y est pour rien - sauf s'il propose une couverture collective par convention.

6 · Le collaborateur retraité qui continue

Il cotise encore à l'AVS, l'AI et les APG, mais plus au chômage, avec une franchise de 16 800.-.

🧠Testez vos réflexes

8 affirmations tirées au hasard parmi 16, et rien n'est enregistré ni envoyé

📚Les sources officielles

gratuites, à jour, et elles font foi

📚Tous les mémentos AVS/AI Cotisations, rentes, allocations, procédures. La collection complète, mise à jour chaque année. officiel 🐖Déductions maximales du pilier 3a pour 2026 Le communiqué officiel des montants, et les règles du rachat rétroactif. officiel 📘Mémento 2.01 - Cotisations AVS/AI/APG Taux, salaire déterminant, franchise des retraités, échéances de paiement. officiel 🏛️OFAS - Vue d'ensemble Le système suisse branche par branche, et les montants valables pour l'année en cours. officiel 🦺Suva Assurance-accidents : couverture, primes, prévention et déclaration de sinistre. officiel 💼travail.swiss - SECO Assurance-chômage, réduction de l'horaire de travail, intempéries. officiel ⚖️Fedlex LAVS, LAI, LAPG, LACI, LAA, LPP, LAMal, LAFam : les textes eux-mêmes. officiel
Ces repères n'ont pas valeur juridique. Les montants et les règles changent chaque année, et chaque situation a ses particularités. Vérifiez toujours à la source officielle citée, ou auprès de votre caisse de compensation.
Gisèle et Claude le hibou RH se tapent dans la main

Un chiffre qui a bougé, une source qui manque ? Dites-le, on corrige.

🙋Questions fréquentes

les cas qui reviennent le plus souvent

Je tombe malade. Qui paie, et pendant combien de temps ?

L'employeur, d'abord, pour un temps limité qui dépend de l'ancienneté : trois semaines pendant la première année, puis davantage selon l'échelle appliquée dans votre canton. Beaucoup d'entreprises souscrivent à la place une assurance perte de gain qui verse 80 % du salaire, souvent pendant 720 jours. Vérifiez d'abord votre contrat : la loi n'est qu'un minimum.

art. 324a CO · échelles bernoise, zurichoise et bâloise
Et si c'est un accident ?

L'assurance-accidents prend le relais, avec une indemnité journalière de 80 % du gain assuré. Elle est due dès le troisième jour qui suit l'accident : les deux premiers restent à la charge de l'employeur. Les frais de traitement sont pris en charge sans franchise ni participation.

art. 16 et 17 LAA · art. 10 LAA
Suis-je assuré pour les accidents en dehors du travail ?

Oui, dès que vous travaillez au moins huit heures par semaine chez le même employeur. En dessous, seuls les accidents professionnels et le trajet sont couverts, et il faut alors s'assurer par sa caisse maladie. La prime des accidents non professionnels est à votre charge, sauf si l'employeur la reprend : la loi ne réserve les accords contraires qu'en faveur du travailleur.

art. 7 et 8 LAA · art. 13 OLAA · art. 91 LAA
Je travaille pour deux employeurs. Comment ça se passe ?

Chacun décompte les cotisations sur le salaire qu'il verse, et chacun vous assure contre les accidents. Pour la caisse de pension, les salaires ne s'additionnent pas automatiquement : chaque emploi est examiné séparément au regard du seuil d'entrée, et vous pouvez demander à faire assurer l'ensemble auprès d'une seule institution.

art. 46 LPP · art. 99 OLAA
Que devient ma caisse de pension quand je quitte mon emploi ?

Votre avoir vous suit. Il est transféré à l'institution du nouvel employeur ; si vous n'en avez pas encore, il part sur un compte ou une police de libre passage, un compte d'attente qui conserve l'avoir jusqu'au prochain emploi. Le laisser à l'ancienne caisse n'est pas une option : sans instruction de votre part, il finira à l'institution supplétive, la caisse de secours prévue par la loi pour les avoirs sans adresse.

art. 3 et 4 LFLP
Je pars travailler à l'étranger. Où suis-je assuré ?

En principe dans le pays où vous travaillez. Un détachement temporaire permet de rester assuré en Suisse, à condition de demander l'attestation avant le départ : demandée après coup, elle ne rattrape pas la période écoulée. Hors de l'Union européenne et de l'AELE, tout dépend de la convention conclue avec le pays concerné.

règlement (CE) 883/2004 · accord sur la libre circulation des personnes · conventions bilatérales
Qui paie pendant le délai d'attente d'une assurance perte de gain ?

L'employeur. Le délai d'attente est le nombre de jours pendant lesquels l'assureur ne verse rien, souvent trente ou soixante jours, choisi pour abaisser la prime. Pendant ce temps, l'obligation légale de verser le salaire continue de s'appliquer.

art. 324a CO · conditions générales de l'assurance
Une longue absence sans salaire crée-t-elle un trou dans mon AVS ?

Elle le peut. Quand seules des indemnités d'assurance sont versées, sans salaire, vous pouvez cesser de cotiser comme personne active. Il faut alors vérifier auprès de la caisse si des cotisations de personne sans activité lucrative sont dues : une année manquante réduit la rente à vie.

art. 10 LAVS · art. 29bis LAVS
Ces réponses valent pour le contrat de travail de droit privé. Une convention collective ou un contrat individuel peuvent prévoir mieux, jamais moins. En cas de doute sur une situation précise, faites vérifier votre cas.