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La LPP : tout comprendre, tout calculer

Le deuxième pilier de A à Z : le calcul en six étapes, un simulateur de projection jusqu'à la retraite, l'actuariat expliqué, les obligations de l'employeur, le logement, le libre passage, l'invalidité et le décès. Montants 2026.

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Révisé le 30 octobre 2026 · Information générale, pas un conseil individuel · Sources officielles en fin de page.

Information générale sur le droit suisse : ce n'est pas un conseil juridique individuel.

Gisèle et les trois usages du 2e pilier : le logement, le capital, le décompte

La LPP, c'est le deuxième pilier. Elle complète l'AVS pour permettre de maintenir son niveau de vie antérieur à la retraite - l'objectif visé est d'environ 60 % du dernier salaire avec les deux piliers réunis.

Contrairement à l'AVS, qui redistribue immédiatement les cotisations d'aujourd'hui aux rentiers d'aujourd'hui, la LPP fonctionne par capitalisation : chacun épargne pour lui-même, sur un compte individuel qui le suit d'employeur en employeur.

C'est le domaine où les RH se font le plus souvent prendre en défaut, parce que la loi ne fixe qu'un minimum et que tout le reste dépend du règlement de la caisse.

Le 2e pilier en une image

six étapes, toujours dans cet ordre : c'est tout le calcul de la LPP

1Salaire annuelcelui annoncé à l'AVS, 13e compris
2Plafond 90 720.-au-delà, le minimum légal n'assure plus rien
3− 26 460.-la coordination : on obtient le salaire coordonné
4× 7 à 18 %la bonification, selon l'âge, chaque année
5+ intérêts1,25 % au minimum en 2026 : c'est l'avoir de vieillesse
6× 6,8 %le taux de conversion : la rente annuelle à vie

Le socle : qui est assuré, et sur quoi

montants 2026, inchangés depuis 2025, les rentes AVS n'étant adaptées que les années impaires

Les cinq repères, tous dérivés de la rente AVS maximale

RepèreMontant 2026Origine
Rente AVS maximale30 240.-le point de départ de tout le reste
Seuil d'entrée22 680.-3/4 de la rente AVS maximale
Déduction de coordination26 460.-7/8
Salaire assuré maximum90 720.-3 ×
Salaire coordonné maximum64 260.-90 720 − 26 460
Salaire coordonné minimum3 780.-1/8

Qui est assuré, et pour quoi

ÂgeCouverture obligatoire
Dès le 1er janvier qui suit le 17e anniversairerisques décès et invalidité uniquement
Dès le 1er janvier qui suit le 24e anniversaires'y ajoute l'épargne vieillesse
Jusqu'à l'âge de référence65 ans ; poursuite possible jusqu'à 70 ans si le règlement le prévoit
La formulation exacte compte. On lit souvent « dès 18 ans » et « dès 25 ans ». C'est le 1er janvier qui suit le 17e, puis le 24e anniversaire - autrement dit l'année civile des 18 ans, puis celle des 25 ans.

Les bonifications de vieillesse, minimum légal

Âge25-34 ans35-44 ans45-54 ans55 ans à l'âge de référence
Taux7 %10 %15 %18 %

Elles s'appliquent au salaire coordonné, jamais au brut. L'employeur finance au moins la moitié du total des cotisations, art. 66 LPP.

Sources : LPP art. 2, 7, 8, 15, 16 et 66 ; OFAS, montants valables dès le 1er janvier 2026

Calculez un salaire coordonné et une bonification

l'ordre des opérations est ce qui fait rater le calcul : plafonner d'abord, déduire ensuite

Calculateur LPP

Le simulateur de projection jusqu'à la retraite

votre avoir année après année, la rente, le capital, le rachat possible, et la comparaison avec le minimum légal

Reprenez les chiffres de votre certificat de prévoyance (la caisse l'envoie chaque année). Sans certificat, laissez les valeurs du minimum légal. Rien n'est envoyé : tout se calcule dans votre navigateur.

① Vous

② Le plan de votre caisse (valeurs du minimum légal par défaut)

Le tableau année par année

Projection simplifiée : années civiles entières, départ au 1er janvier de l'année du départ, montants LPP 2026 gardés constants (ils sont adaptés tous les deux ans), intérêt identique chaque année. Le minimum légal ne garantit le taux de 6,8 % qu'à l'âge de référence et sur la part obligatoire. Seul le certificat de votre caisse fait foi.

Sources : LPP art. 7, 8, 13 à 16 et 79b ; OPP 2 art. 12 ; taux d'intérêt minimal 2026 maintenu à 1,25 % par le Conseil fédéral le 5 novembre 2025

L'actuariat expliqué : d'où vient le taux de conversion

ce que calcule l'expert en prévoyance, sans formules effrayantes, avec un atelier pour essayer

Le métier en une phrase

L'actuaire répond à une seule question : combien d'argent faut-il aujourd'hui pour payer une rente promise jusqu'au dernier jour d'une personne dont on ne connaît pas la date de décès ? Il le fait avec deux outils : la probabilité de survie à chaque âge, tirée des tables de mortalité, et le taux technique, qui est le rendement que la caisse estime pouvoir obtenir sur l'argent pendant qu'elle verse la rente.

Les quatre notions à connaître

NotionCe que c'estEffet
Table de mortalitépour chaque âge, la probabilité de décéder dans l'année ; les caisses suisses utilisent des tables publiées tous les cinq ans, périodiques ou générationnelles (qui anticipent la hausse future de l'espérance de vie)plus on vit longtemps, plus la rente coûte cher
Taux techniquele taux d'actualisation des rentes futures, fixé par l'organe suprême sur recommandation de l'expertplus il est bas, plus il faut de capital pour une même rente
Facteur de rentela valeur aujourd'hui de 1 franc de rente payé chaque année à vie, y compris la future rente de conjointcapital nécessaire = rente × facteur
Taux de conversionsimplement l'inverse du facteur : 1 ÷ facteurfacteur de 17 → taux de 5,9 % ; facteur de 14,7 → 6,8 %

Le calcul, pas à pas

Facteur de rente = somme, sur chaque mois futur, de ( 1/12 × probabilité d'être encore en vie × 1 ÷ (1 + taux technique)années ) × (1 + supplément conjoint)
Taux de conversion = 1 ÷ facteur de rente   ·   Rente annuelle = avoir de vieillesse × taux de conversion

Chaque mois de rente est pondéré deux fois : par la chance d'être encore en vie pour le toucher, et par l'actualisation, parce qu'un franc payé dans vingt ans coûte moins aujourd'hui, l'argent rapportant des intérêts entre-temps. Le supplément conjoint couvre la rente de 60 % versée au conjoint survivant (art. 19 LPP).

L'atelier : faites le calcul de l'actuaire

Modèle pédagogique : la survie suit une loi de Gompertz réglée sur l'espérance de vie choisie, rentes mensuelles payées d'avance, supplément conjoint forfaitaire. Les caisses utilisent des tables complètes et calculent la rente de conjoint selon l'âge réel du conjoint.

Le degré de couverture, et pourquoi le taux technique le fait bouger

Degré de couverture = fortune de prévoyance disponible ÷ capital de prévoyance nécessaire × 100  (art. 44 OPP 2)

Le capital nécessaire comprend les avoirs des assurés actifs, le capital qui finance les rentes en cours (rentes × facteur) et les provisions techniques, par exemple pour la longévité. Si le taux technique baisse, le facteur monte : les engagements envers les rentiers augmentent d'un coup, et le degré de couverture baisse sans qu'un seul franc ait été perdu.

Pourquoi le 6,8 % fait débat. Avec l'espérance de vie actuelle, un taux de conversion de 6,8 % suppose un taux technique d'environ 4 % ou plus. Quand la caisse ne peut pas le rapporter, chaque nouvelle rente crée une perte sur retraite, financée par les assurés actifs (intérêts plus bas) ou par les réserves. C'est pourquoi beaucoup de caisses appliquent un taux plus bas sur la part surobligatoire, tout en garantissant au moins le minimum légal (le « compte témoin »).
Sources : LPP art. 14, 19, 52e, 65 et 65b ; OPP 2 art. 44 et 48

Obligatoire, surobligatoire et compte témoin

La plupart des caisses assurent plus que le minimum : salaire au-delà de 90 720.-, déduction de coordination plus basse ou proportionnelle au taux d'activité, bonifications plus élevées. On parle de caisse enveloppante.

Part obligatoirePart surobligatoire
Intérêtau moins le taux minimal fixé par le Conseil fédéral (1,25 % en 2026)fixé par l'organe suprême de la caisse
Taux de conversion6,8 % au moins à l'âge de référencelibre, souvent nettement plus bas
Comment c'est contrôléla caisse tient un compte témoin calculé selon le minimum légal ; à la retraite, la rente versée ne peut jamais être inférieure à la rente du compte témoin (principe d'imputation)
Sources : LPP art. 14, 15, 49 et 50 ; OPP 2 art. 11 et 12

Côté employeur : les obligations

ObligationRègleBase
S'affilierdès qu'on emploie une personne soumise : salaire annuel dès 22 680.- et contrat de plus de trois mois. À défaut, l'institution supplétive affilie d'office, avec effet rétroactifart. 2, 7, 11 et 60 LPP ; art. 1j OPP 2
Payer au moins la moitiéla part de l'employeur est au moins égale à la somme des parts des salariésart. 66 al. 1 LPP
Retenir et verserl'employeur doit toute la cotisation à la caisse, retient la part du salarié sur le salaire, et verse au plus tard à la fin du premier mois qui suit l'année pour laquelle la cotisation est dueart. 66 al. 2 et 3 LPP
Annoncerles entrées, les sorties, les changements de salaire et les incapacités de travail, selon le contrat d'affiliationart. 10 LPP
Changer de caisseseulement avec l'accord du personnel ou de sa représentationart. 11 al. 3bis LPP
Informerla caisse remet chaque année un certificat de prévoyance ; l'employeur informe sur le libre passage à la sortieart. 86b LPP ; art. 331 CO
Fiscalement. Les cotisations sont déductibles, pour l'employeur comme pour le salarié (art. 81 LPP). Les prestations sont imposées à leur versement.

Les questions qu'on pose toujours

Rente ou capital : comment choisir ?

La rente est versée à vie et protège contre le risque de vivre longtemps ; elle comprend la rente de conjoint. Le capital laisse la liberté et se transmet, mais il faut le gérer et il peut s'épuiser. Le simulateur ci-dessus indique après combien d'années la rente rattrape le capital. Le règlement fixe le délai pour demander le capital, et au moins un quart de l'avoir obligatoire peut être pris en capital (art. 37 LPP). Les deux sont imposés différemment : renseignez-vous auprès de l'administration fiscale de votre canton.

Que vérifier sur le certificat de prévoyance ?

Le salaire assuré, l'avoir de vieillesse actuel et sa part obligatoire, la rente projetée à l'âge de référence, les rentes d'invalidité et de conjoint, le montant maximal de rachat et le retrait logement encore dû. Une erreur de salaire annoncé se répercute sur toutes les prestations.

Je travaille à temps partiel : suis-je moins bien assuré ?

Avec le minimum légal, oui : la déduction de coordination de 26 460.- est la même à 40 % qu'à 100 %, elle mange une grande part d'un petit salaire. Beaucoup de règlements l'adaptent au taux d'activité. Avec plusieurs employeurs dont aucun n'atteint le seuil, on peut s'assurer à titre facultatif (art. 46 LPP).

Que devient mon avoir en cas de divorce ?

Les avoirs de prévoyance accumulés pendant le mariage sont en principe partagés par moitié (art. 122 CC). La caisse transfère le montant fixé par le tribunal vers la caisse de l'ex-conjoint.

Et si je change d'emploi ou arrête de travailler ?

L'avoir suit la personne : il passe à la nouvelle caisse, ou sur un compte de libre passage s'il n'y a pas de nouvel employeur. Voir plus bas « Sortir de la caisse ». La couverture décès et invalidité continue un mois après la sortie (art. 10 al. 3 LPP).

Puis-je travailler après l'âge de référence ?

Oui, et si le règlement le prévoit, on peut continuer à cotiser et repousser la rente jusqu'à 70 ans : l'avoir continue d'augmenter et le taux de conversion est plus élevé. On peut aussi anticiper dès 58 ans, avec un taux réduit selon le règlement (art. 13 LPP, art. 1i OPP 2).

L'encouragement à la propriété : retrait ou mise en gage

deux mécanismes que tout le monde confond, aux conséquences opposées

CaractéristiqueVersement anticipé (retrait)Mise en gage (nantissement)
Le capitalquitte la caissereste dans la caisse
Impositionimmédiate, comme prestation en capital, séparément des autres revenusaucune, sauf réalisation du gage
Prestations de prévoyanceréduites proportionnellement : vieillesse, invalidité, décèsmaintenues intégralement
Dette hypothécairediminuéeidentique, voire augmentée
Intérêts bancairesmoins élevésplus élevés, mais déductibles du revenu imposable
Montant minimum20 000.-aucun
Registre fonciermention de la restriction du droit d'aliénerpas de mention
Rachats volontairesbloqués tant que le retrait n'est pas remboursétoujours possibles
Accord du conjointécrit et obligatoire dans les deux cas, y compris pour le partenaire enregistré

Les règles de montant et de délai

Fréquenceun versement anticipé tous les cinq ans au maximum
Montant minimum20 000.-, sauf acquisition de parts d'une coopérative de construction
Avant 50 ansla totalité de la prestation de libre passage
Après 50 ansle plus élevé des deux : l'avoir disponible à 50 ans, ou la moitié de l'avoir actuel
Dernier délaitrois ans avant l'âge de référence ; cinq ans pour un compte de libre passage auprès de l'institution supplétive
Remboursementpossible jusqu'à la survenance du cas de prévoyance, minimum 10 000.- par tranche ; les impôts payés sont alors restitués sans intérêt

Combien puis-je retirer ?

Le piège du deuxième logement. Une personne qui a financé un logement par l'EPL, puis l'a mis en location, n'a en principe pas à rembourser son retrait. Mais elle ne pourra plus recourir à l'EPL pour un nouveau logement, sauf à revendre le premier et à réinvestir le produit dans les deux ans, ou à rembourser elle-même son premier retrait. L'EPL finance un seul objet, pour son propre usage - jamais un patrimoine locatif.
Le hibou RH découvre l'effet d'un retrait sur la couverture risque

La perte de couverture risque : ce que personne ne dit au collaborateur

On explique volontiers l'impôt et la réduction de la rente de vieillesse. On oublie presque toujours la conséquence la plus lourde : l'effet du retrait sur les prestations de décès et d'invalidité.

Le versement anticipé, comme la réalisation d'un gage, est porté au débit de l'avoir de vieillesse - et l'avoir minimal LPP est réduit proportionnellement. Ce que cela produit dépend de la façon dont la caisse construit ses prestations de risque.

Le règlement calcule les prestations de risque…Effet du retrait
en fonction de l'avoir de vieillesse accumulé, ou de l'avoir projeté à la retraitela rente d'invalidité et la rente de conjoint baissent dans la même proportion que l'avoir
en pourcentage du salaire assuré, indépendamment de l'avoirles prestations de risque ne bougent pas ; seule la rente de vieillesse diminue
La seule réponse juste à donner. « Cela dépend de votre règlement, demandons-le à votre caisse. » Les deux constructions coexistent en Suisse. Affirmer que la couverture décès baissera - ou qu'elle ne baissera pas - sans avoir lu le règlement, c'est prendre le risque d'un très mauvais conseil.

Ce qu'il faut vérifier avant de signer

1Demander à la caisse un calcul comparatif avant et après : rente de vieillesse, rente d'invalidité, rente de conjoint, rente d'orphelin. La caisse doit le fournir.
2Vérifier si une assurance complémentaire de risque est nécessaire. L'institution supplétive peut servir d'intermédiaire pour la conclure ; la prime est à la charge du demandeur.
3Se souvenir que la part retirée n'est plus dans la caisse : en cas de décès, elle ne produit aucune prestation. Le logement, lui, reste - mais les héritiers devront rembourser s'ils le vendent ou le louent.
4Rappeler que la mise en gage ne pose aucun de ces problèmes tant que le gage n'est pas réalisé : les prestations de risque restent intactes.
Le cas de figure le plus sensible. Un collaborateur de 35 ans, deux jeunes enfants, qui retire 80 000.- pour son logement dans une caisse où les prestations de risque dépendent de l'avoir projeté. Sa rente de conjoint et ses rentes d'orphelin baissent au moment précis de sa vie où sa famille en aurait le plus besoin. C'est là que le rôle des RH consiste à poser la question - pas à donner la réponse.
Sources : LPP art. 30c al. 4 et 30d ; fiche d'information de la Fondation institution supplétive LPP sur l'EPL Sources : LPP art. 30a à 30g, OEPL, CO art. 331d et 331e ; Bulletin de la prévoyance professionnelle n° 166 du 7 mai 2025, ch. 1152

La sous-couverture et l'assainissement

quand les actifs de la caisse ne couvrent plus ses engagements

Le degré de couverture rapporte la fortune de la caisse au capital de prévoyance nécessaire. En dessous de 100 %, la caisse est en découvert : elle ne pourrait pas honorer tous ses engagements si elle devait le faire aujourd'hui.

Un découvert n'est pas une faillite. Il devient problématique s'il est durable : l'organe suprême doit alors prendre des mesures, sous la surveillance de l'autorité et avec l'avis de l'expert en prévoyance.

Les mesures d'assainissement, dans l'ordre où on les envisage

MesureCe qu'elle produitLimite
Révision de la stratégie de placementvise un meilleur rendement futurne produit rien à court terme, et augmente le risque
Réduction de la rémunérationl'avoir de vieillesse est crédité en dessous du taux minimal0,5 point au plus en dessous du taux minimal, et pendant la durée du découvert seulement
Utilisation des réserves de l'employeurl'employeur libère des réserves de cotisations existantessuppose que de telles réserves existent
Cotisations d'assainissementperçues en plus des cotisations ordinairesl'employeur en paie au moins la moitié ; les rentiers ne peuvent y être astreints que dans des limites strictes
Limitation des versements EPLrefus ou limitation du retrait pour amortir une hypothèqueuniquement pendant le découvert, et la caisse doit en informer l'assuré
Adaptation des rentes en coursréduction de la part non garantieen dernier ressort seulement : uniquement sur les adaptations au renchérissement des dix dernières années, jamais sur la rente légale
Ce qu'un RH doit retenir. La cotisation d'assainissement se prélève sur le salaire du collaborateur, apparaît sur son décompte, et l'employeur en supporte au moins la moitié. Elle n'est pas facultative : elle découle d'une décision de l'organe suprême, où siègent à parité des représentants des employeurs et des salariés.
Sources : LPP art. 65c à 65e et 51 ; OPP 2 art. 44 ; ordonnance sur les mesures en cas de découvert

Les filets de sécurité

ce qui se passe quand une caisse ou un employeur fait défaut

Le Fonds de garantie LPP

Il intervient dans deux cas.

Insolvabilité d'une caisse : il garantit les prestations légales, jusqu'à un salaire assuré plafonné à une fois et demie le montant-limite supérieur.

Structure d'âge défavorable : il verse des subsides aux caisses dont la somme des bonifications des 45 ans et plus dépasse la moitié du total.

Il est financé par des cotisations de toutes les institutions de prévoyance.

L'institution supplétive

C'est la caisse de dernier recours, prévue par l'art. 60 LPP.

Elle affilie d'office l'employeur qui ne s'est pas affilié dans les délais - et rétroactivement, avec les intérêts.

Elle gère les comptes de libre passage non réclamés, ceux qu'on appelle les avoirs oubliés.

Elle assure aussi, à titre facultatif, les indépendants et les salariés qui n'atteignent pas le seuil d'entrée.

Sortir de la caisse : le libre passage

ce qui arrive à l'avoir quand le contrat de travail prend fin

Toute personne qui quitte son institution avant la survenance d'un cas de prévoyance - vieillesse, invalidité, décès - a droit à une prestation de sortie.

Destination de l'avoirQuand
La nouvelle caisse de pensionc'est la règle : le transfert est automatique et obligatoire
Un compte ou une police de libre passageen l'absence de nouvel employeur
L'institution supplétivesi l'assuré ne s'est pas manifesté dans les six mois

Le paiement en espèces, trois cas seulement

1Départ définitif de Suisse. Restriction UE et AELE : la part obligatoire reste bloquée si la personne demeure assurée obligatoirement dans son nouvel État
2Début d'une activité indépendante, avec affiliation à l'AVS en cette qualité
3Montant minime : inférieur au montant d'une année de cotisations
L'accord écrit du conjoint est requis pour tout paiement en espèces, comme pour l'EPL. C'est la protection du conjoint contre une décision unilatérale qui l'appauvrirait.

Les rachats : combler les lacunes

l'outil de prévoyance le plus intéressant fiscalement, et le plus mal utilisé

Le montant maximal rachetable correspond à la différence entre l'avoir de vieillesse effectif et l'avoir réglementaire maximal calculé selon le salaire assuré et l'âge. C'est le règlement de la caisse qui fixe l'échelle, souvent bien plus généreuse que le minimum légal.

RègleContenu
Déduction fiscalele rachat se déduit intégralement du revenu imposable de l'année
Blocage de trois ansaucune prestation en capital, ni retraite ni EPL, dans les trois ans qui suivent un rachat - sous peine de reprise fiscale
Retrait EPL non remboursétant qu'un versement anticipé n'est pas remboursé, aucun rachat volontaire n'est admis
Arrivée de l'étrangerplafond annuel limité pendant les cinq premières années d'assujettissement
L'ordre des opérations. Un collaborateur qui a retiré 60 000.- pour son logement et qui veut racheter pour réduire ses impôts se heurtera à un refus. Il doit d'abord rembourser le retrait, par tranches de 10 000.- minimum. Beaucoup l'apprennent au moment de la déclaration fiscale.
Sources : LPP art. 79b ; LFLP art. 2, 5 et 11 ; LIFD art. 33

Invalidité et décès : ce que la LPP verse vraiment

la partie la plus technique, et celle qui tombe le plus souvent en examen

L'invalidité : un barème devenu linéaire

Taux d'invalidité AIRente LPP
moins de 40 %aucun droit
de 40 à 49 %25 % à 40 %, puis + 2,5 points par point d'invalidité supplémentaire
de 50 à 69 %quotité égale au taux d'invalidité
70 % et plusrente entière

La LPP suit la décision de l'AI : c'est l'office AI qui détermine le taux, et la caisse en principe s'y tient.

L'ordre d'intervention, et la surindemnisation

RangAssuranceRègle
1AI, premier pilierpaie toujours, et n'est jamais réduite pour surindemnisation
2LAA, si l'atteinte vient d'un accidentAI et LAA ensemble ne dépassent pas 90 % du gain assuré
3LPP, en dernierréduite si le total dépasse 90 % du gain annuel dont on peut présumer que l'intéressé est privé
La conséquence pratique. Après un accident, la LAA verse déjà beaucoup : la rente LPP est souvent réduite, parfois à zéro. Après une maladie, il n'y a pas de LAA : la LPP joue alors un rôle central, en complément de l'AI. Deux situations identiques en apparence, deux décomptes radicalement différents.

La rente d'invalidité LPP peut être différée tant que l'employeur ou une assurance verse des indemnités journalières couvrant au moins 80 % du salaire, et que l'assurance a été financée pour moitié au moins par l'employeur.

Le décès : qui touche quoi, et dans quel ordre

Prestation légaleMontant
Rente de conjoint survivant60 % de la rente d'invalidité entière
Rente d'orphelin20 %, jusqu'à 18 ans, ou 25 ans en formation

Le conjoint y a droit s'il a un enfant à charge, ou s'il a plus de 45 ans et que le mariage a duré au moins cinq ans. À défaut, il reçoit une indemnité unique de trois rentes annuelles. Le partenaire enregistré est assimilé au conjoint.

L'ordre des bénéficiaires

RangBénéficiaires
1conjoint et enfants ayant droit à une rente ; à défaut, les personnes à charge de façon substantielle, le concubin ayant fait ménage commun cinq ans au moins, ou celui qui doit entretenir des enfants communs
2enfants sans droit à une rente, parents, frères et sœurs
3autres héritiers légaux, à l'exclusion des collectivités publiques
Le concubin : la règle qui coûte le plus cher. Il ne touche rien s'il n'a pas été annoncé par écrit à la caisse du vivant de l'assuré. Un testament ne suffit pas : la prestation de prévoyance ne fait pas partie de la succession. C'est le renseignement à donner à tout collaborateur qui vit en union libre.
Et le logement financé par l'EPL ? La part retirée n'est plus dans la caisse : elle ne produit plus aucune prestation en cas de décès. Les héritiers doivent rembourser le versement anticipé s'ils vendent ou louent le logement, sauf s'ils sont eux-mêmes bénéficiaires soumis à la même restriction.
Sources : LPP art. 19, 20a, 21, 23, 24, 26, 28, 34a et 37 ; OPP 2 art. 20 et 24

Gouvernance : qui décide

Gestion paritaire
art. 51 LPP
l'organe suprême compte autant de représentants des salariés que des employeurs. Les décisions d'assainissement, le taux de rémunération et le plan de prévoyance s'y adoptent.
Institution autonomeelle assume elle-même tous les risques : vieillesse, invalidité, décès, placements.
Institution semi-autonomeelle réassure une partie des risques, en général le décès et l'invalidité.
Institution totalement réassuréeelle transfère tous les risques à un assureur - sécurité maximale, rendement plus faible.

En cas de liquidation partielle ou totale - restructuration, licenciement collectif, fin du contrat d'affiliation - les assurés sortants ont droit à une part des fonds libres et, le cas échéant, des provisions et réserves de fluctuation. L'autorité de surveillance approuve le règlement de liquidation.

Testez vos réflexes

12 affirmations tirées au hasard parmi 35, et rien n'est enregistré ni envoyé

Pour comprendre la prévoyance professionnelle

à ouvrir avant de répondre à un collaborateur, et à revérifier chaque janvier

OFAS - Comprendre la prévoyance professionnelle Le point de départ officiel : à quoi sert le 2e pilier, comment il s'articule avec l'AVS, qui est assuré et pour quoi. Écrit pour être lu, pas seulement consulté. officiel Mémento 6.06 - La prévoyance professionnelle, 2e pilier Le mémento grand public : assujettissement, prestations, sortie de la caisse. Le document à remettre à un collaborateur qui pose des questions. officiel OFAS - Montants valables dès le 1er janvier 2026 Seuil d'entrée, déduction de coordination, limite supérieure, cotisation 3a : le tableau à imprimer chaque janvier. officiel LPP - texte de loi Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité. Les articles à connaître : 8, 15, 19 à 26, 30a à 30g, 51, 65c, 79b. officiel LFLP - loi sur le libre passage Ce qui arrive à l'avoir quand on quitte une caisse : prestation de sortie, transfert, paiement en espèces. officiel Bulletins de la prévoyance professionnelle Les prises de position de l'OFAS et la jurisprudence commentée. C'est là que se trouvent les réponses aux cas tordus, comme le deuxième logement en EPL. officiel Institution supplétive LPP Affiliation d'office, comptes de libre passage, assurance facultative des indépendants. Et ses fiches d'information sur l'EPL. officiel Fonds de garantie LPP Subsides pour structure d'âge défavorable, garantie des prestations en cas d'insolvabilité, recherche d'avoirs oubliés. officiel Centrale du 2e pilier La recherche gratuite d'avoirs de prévoyance oubliés. À signaler à tout collaborateur qui a changé souvent d'employeur ou vécu à l'étranger. officiel

Qui surveille les caisses

l'interlocuteur à connaître quand une question dépasse le règlement de la caisse

AS-SO - Autorité de surveillance LPP et des fondations de Suisse occidentale L'autorité qui surveille les institutions de prévoyance et les fondations de Fribourg, du Valais, de Neuchâtel et du Jura. Elle approuve les règlements, contrôle les liquidations partielles et les mesures d'assainissement. officiel CHS PP - Commission de haute surveillance Elle chapeaute les autorités régionales, publie des directives et les statistiques annuelles sur les degrés de couverture. Utile pour situer une caisse par rapport à la moyenne. officiel ASIP - Association suisse des institutions de prévoyance L'organisation faîtière des caisses de pension. Prises de position, charte de bonne gouvernance et documents de référence sur les questions techniques. association
Un mot sur les autres sources. Les assureurs, les banques et les caisses publient des guides sur le 2e pilier, souvent bien faits et clairs. Gardez en tête qu'ils accompagnent une offre commerciale : les chiffres y sont justes, mais l'angle est celui du vendeur. Pour une réponse à un collaborateur, revenez toujours au règlement de sa caisse et aux sources officielles ci-dessus - et rappelez-lui que vous n'êtes ni son conseiller financier ni son conseiller fiscal.
Ces repères n'ont pas valeur juridique. Les montants et les règles changent chaque année, et chaque situation a ses particularités. Vérifiez toujours à la source officielle citée, ou auprès de votre caisse de compensation.

Un chiffre qui a bougé, une source qui manque ? Dites-le, on corrige.