- Le décompte se lit en quatre étages : salaire brut → salaire net → salaire payé → net à payer.
- Les cotisations de base représentent 6,4 % côté employé jusqu'à 148 200.-, puis 5,3 %.
- Ce qui est versé n'est pas forcément soumis : allocations familiales et indemnités d'assurance suivent leurs propres règles.
- Attention aux montants trouvés dans d'anciens supports : ils changent au 1er janvier de chaque année.
🧱Les quatre étages du décompte
chaque étage répond à une question différente : les confondre fausse tout
💰Les taux 2026
état au 1er janvier 2026 - à revérifier chaque année
| Assurance | Taux total | Part employé | Part employeur | Plafond |
|---|---|---|---|---|
| AVS vieillesse et survivants | 8,7 % | 4,35 % | 4,35 % | aucun |
| AI invalidité | 1,4 % | 0,7 % | 0,7 % | aucun |
| APG pertes de gain | 0,5 % | 0,25 % | 0,25 % | aucun |
| Sous-total AVS/AI/APG | 10,6 % | 5,3 % | 5,3 % | aucun |
| AC chômage | 2,2 % | 1,1 % | 1,1 % | 148 200.- par an |
| Total jusqu'à 148 200.- | 12,8 % | 6,4 % | 6,4 % | - |
| Au-delà de 148 200.- | 10,6 % | 5,3 % | 5,3 % | - |
En décompte mensuel, le plafond de l'assurance-chômage s'applique à hauteur de 12 350.- par mois, soit un douzième du plafond annuel.
Sources : mémentos AVS/AI 2.01 (état 1er janvier 2026) et 2.08🚧Les plafonds : où s'arrête chaque cotisation
chaque assurance a le sien, et ils ne se ressemblent pas : c'est là que les décomptes dérapent
| Assurance | Plafond annuel 2026 | Par mois | Ce que le plafond limite |
|---|---|---|---|
| AVS / AI / APG | aucun | - | rien du tout : un bonus de 500 000.- cotise entièrement |
| AC chômage | 148 200.- | 12 350.- | la base soumise, pas le brut affiché |
| LAA prime et indemnités | 148 200.- | 12 350.- | le gain assuré |
| LPP | 90 720.- de salaire annoncé | 7 560.- | le salaire pris en compte, avant déduction de coordination |
| APG | 220.- par jour d'indemnité | - | la prestation versée, jamais la cotisation |
| Impôt à la source | aucun | - | - |
À l'inverse, l'AVS n'a aucun plafond. C'est ce qui la distingue de presque tous les systèmes voisins, et ce qui explique qu'un haut salaire cotise beaucoup plus qu'il ne touchera jamais de rente.
Sources : mémentos AVS/AI 2.01 et 2.08, état 1er janvier 2026🎯Seuil, franchise ou plafond : ce qui bascule et ce qui ne bascule pas
la question qu'il faut se poser devant chaque montant limite, et la réponse n'est jamais la même
Tous ces montants ressemblent à des limites, mais ils ne fonctionnent pas de la même façon. Trois mécanismes coexistent.
| Mécanisme | Ce qui se passe au dépassement | Exemple |
|---|---|---|
| Seuil | tout bascule : la totalité devient soumise, pas seulement le dépassement | salaire de minime importance |
| Franchise | seul le surplus est soumis, la part sous la limite reste exonérée | franchise du retraité |
| Plafond | rien au-delà : la cotisation s'arrête à la limite | assurance-chômage |
Cas par cas
| Montant | Type | Concrètement |
|---|---|---|
| Cadeaux en nature 600.- par an | seuil | l'exonération vaut si le total annuel ne dépasse pas 600.-. À 650.-, c'est la totalité qui devient du salaire déterminant, pas les 50.- de trop |
| Salaire de minime importance 2 500.- par an et par employeur | seuil | à 2 600.-, ce sont bien 2 600.- qui sont soumis, pas 100.- |
| Franchise du retraité 1 400.- par mois, 16 800.- par an | franchise | à 2 000.- par mois, seuls 600.- sont soumis |
| Assurance-chômage 148 200.- par an | plafond | à 160 000.-, l'AC ne se calcule que sur 148 200.- ; le reste ne supporte que les 10,6 % AVS/AI/APG |
| Seuil d'entrée LPP 22 680.- par an | seuil | une fois franchi, on assure le salaire coordonné entier - il ne s'agit pas d'assurer le seul dépassement |
| Déduction de coordination 26 460.- | déduction | elle se soustrait du salaire, ce n'est ni un seuil ni une franchise |
🏦La LPP : le deuxième pilier, chiffre par chiffre
montants 2026 : inchangés par rapport à 2025, parce que les rentes AVS ne sont adaptées que les années impaires
Les cinq repères à connaître par cœur
| Repère | Montant 2026 | D'où il vient |
|---|---|---|
| Seuil d'entrée | 22 680.- | 3/4 de la rente AVS maximale (30 240.-) |
| Déduction de coordination | 26 460.- | 7/8 de la rente AVS maximale |
| Salaire assuré maximum | 90 720.- | 3 × la rente AVS maximale |
| Salaire coordonné maximum | 64 260.- | 90 720 − 26 460 |
| Salaire coordonné minimum | 3 780.- | 1/8 de la rente AVS maximale |
Tout part de la rente AVS maximale, 30 240.- par an. Retenez-la : les cinq autres montants s'en déduisent, ce qui évite de les confondre.
Les bonifications de vieillesse, minimum légal
| Âge | 25-34 ans | 35-44 ans | 45-54 ans | 55 ans à l'âge de référence |
|---|---|---|---|---|
| Taux | 7 % | 10 % | 15 % | 18 % |
Le taux s'applique au salaire coordonné, la part du salaire réellement assurée par la caisse, jamais au brut. L'employeur finance au moins la moitié du total ; beaucoup de caisses vont au-delà.
Exemple LPP - salaire annuel 78 000.-, 42 ans
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Le salaire atteint-il le seuil ? | 78 000 ≥ 22 680 | oui, assurance obligatoire |
| 2 · Plafonnement | 78 000 < 90 720 | on garde 78 000.- |
| 3 · Salaire coordonné | 78 000 − 26 460 | 51 540.- |
| 4 · Bonification, 42 ans | 51 540 × 10 % | 5 154.- par an |
| 5 · Part du salarié, au plus la moitié | 5 154 ÷ 2 | 2 577.- par an |
| 6 · Retenue mensuelle | 2 577 ÷ 12 | 214.75 par mois |
Lecture. Sur 6 000.- de salaire mensuel, la retenue LPP minimale est de 214.75 - soit 3,6 % du brut, alors que le taux affiché est de 10 %. L'écart vient entièrement de la déduction de coordination.
Les trois cas limites
| Salaire annuel | Ce qui se passe | Salaire coordonné |
|---|---|---|
| 100 000.- | on plafonne d'abord à 90 720.- | 90 720 − 26 460 = 64 260.- |
| 28 000.- | 28 000 − 26 460 = 1 540.-, en dessous du minimum | relevé à 3 780.- |
| 20 000.- | sous le seuil d'entrée | pas d'assurance obligatoire |
🎖️🍼Les APG : deux régimes qu'il ne faut surtout pas confondre
le service et la maternité ne se calculent pas de la même façon : c'est l'erreur la plus fréquente
Ce qui les sépare
| Service militaire, protection civile, service civil, J+S | Maternité, autre parent, adoption | |
|---|---|---|
| Allocation de base | 80 % du revenu moyen avant le service | 80 % du revenu moyen avant l'accouchement |
| Montant minimal | 69.- par jour (124.- en service d'avancement) | aucun minimum |
| Montant maximal | 220.- par jour | 220.- par jour |
| Allocation pour enfant | 22.- par jour et par enfant | aucune |
| Allocation d'exploitation | 75.- par jour pour l'indépendant qui supporte des frais d'exploitation | aucune |
| Frais de garde | frais effectifs dès 20.-, au plus 75.- par jour en moyenne | aucune |
| Plafond de l'allocation totale | 275.- par jour, et jamais plus que le revenu d'avant | 220.- par jour, c'est tout |
| Durée | les jours de service accomplis | 14 semaines, soit 98 jours |
Le calcul, commun aux deux régimes
| Statut | Revenu déterminant | Diviseur |
|---|---|---|
| Salarié | le salaire mensuel avant l'événement | ÷ 30 |
| Indépendant | le revenu annuel soumis à l'AVS | ÷ 360 |
Puis 80 % du résultat. Le maximum de 220.- est atteint dès 8 250.- par mois pour un salarié (8 250 × 80 % ÷ 30 = 220), et dès 99 000.- par an pour un indépendant (99 000 × 80 % ÷ 360 = 220).
Le régime du service, c'est l'armée, la protection civile, le service civil, la Croix-Rouge et les cours Jeunesse et Sport. Une seule règle de calcul pour tous, et des suppléments que la maternité ne connaît pas.
Exemple A · Service, salarié, l'employeur maintient le salaire
Cours de répétition de 19 jours. Salaire de 6 000.- par mois, un enfant de 12 ans.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Revenu journalier | 6 000 ÷ 30 | 200.- |
| 2 · Allocation de base | 200 × 80 % | 160.- |
| 3 · Allocation pour enfant | 1 × 22.- | 22.- |
| 4 · Allocation totale journalière | 160 + 22 | 182.- |
| 5 · Contrôle des deux plafonds | 182 < 275 et 182 < 200 | rien à réduire |
| 6 · Pour 19 jours | 182 × 19 | 3 458.- |
Et dans les comptes de l'employeur
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Salaire versé pour la période | 6 000 × 19 ÷ 30 | 3 800.- |
| Allocation encaissée par l'employeur | elle lui revient puisqu'il maintient le salaire | 3 458.- |
| Reste à sa charge | 3 800 − 3 458 | 342.- |
Le décompte de salaire ne change pas. Le collaborateur reçoit son salaire habituel, soumis comme d'ordinaire à l'AVS, à l'AI, aux APG, au chômage, à la LAA et à la LPP. L'allocation n'apparaît nulle part sur son décompte : elle se comptabilise chez l'employeur comme un remboursement de charges. C'est là que se joue le remboursement des charges sociales : l'employeur récupère l'allocation, mais il a bel et bien payé les cotisations sur le salaire entier.
Exemple B · Service, indépendant, allocation versée en mains propres
Même cours de 19 jours. Revenu annuel soumis à l'AVS de 90 000.-, deux enfants, l'intéressé supporte les frais d'un atelier.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Revenu journalier | 90 000 ÷ 360 | 250.- |
| 2 · Allocation de base | 250 × 80 % | 200.- |
| 3 · Allocations pour enfant | 2 × 22.- | 44.- |
| 4 · Allocation totale | 200 + 44 = 244, sous 275 et sous 250 | 244.- |
| 5 · Allocation d'exploitation | + 75.-, elle n'est jamais réduite par les plafonds | 75.- |
| 6 · Par jour | 244 + 75 | 319.- |
| 7 · Pour 19 jours, montant brut | 319 × 19 | 6 061.- |
La retenue de la caisse
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Allocation brute | - | 6 061.- |
| Cotisations AVS, AI et APG | 6 061 × 5,3 % | − 321.25 |
| Cotisation chômage | un indépendant n'y cotise pas | − 0.- |
| Versé sur le compte | 6 061 − 321.25 | 5 739.75 |
Quand l'allocation est versée directement à l'intéressé, la caisse retient 5,3 % et se charge du reste : l'autre moitié des cotisations est prise en charge par le régime, il n'y a pas d'employeur pour la verser. Le montant est porté au compte individuel AVS et comptera pour la rente future.
Exemple C · Maternité, salariée, allocation versée en mains propres
Salaire de 5 250.- par mois avant l'accouchement. L'employeur ne maintient pas le salaire.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Revenu journalier | 5 250 ÷ 30 | 175.- |
| 2 · Allocation journalière | 175 × 80 % | 140.- |
| 3 · Pas de minimum, pas de supplément | ni 69.-, ni 22.- par enfant | 140.- |
| 4 · Sur 98 jours | 140 × 98 | 13 720.- |
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Allocation brute | - | 13 720.- |
| Cotisations AVS, AI et APG | 13 720 × 5,3 % | − 727.15 |
| Cotisation chômage | 13 720 × 1,1 % | − 150.90 |
| Versé sur le compte | 13 720 − 878.05 | 12 841.95 |
Si l'employeur maintient le salaire, c'est lui qui encaisse l'allocation, à concurrence du salaire versé, et le décompte redevient un décompte ordinaire - comme dans l'exemple A. Il doit alors payer des primes LAA sur la différence entre l'allocation et le salaire versé.
Exemple D · Maternité, indépendante
Revenu annuel soumis à l'AVS de 27 000.-.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Revenu journalier | 27 000 ÷ 360 | 75.- |
| 2 · Allocation journalière | 75 × 80 % | 60.- |
| 3 · Sur 98 jours | 60 × 98 | 5 880.- |
| 4 · Cotisations AVS, AI et APG | 5 880 × 5,3 % | − 311.65 |
| 5 · Versé sur le compte | 5 880 − 311.65 | 5 568.35 |
Voilà pourquoi le minimum de 69.- francs ne peut pas s'appliquer à la maternité : cette indépendante touche 60.- par jour, en dessous du plancher qui vaut pour le service. Le régime de la maternité n'en connaît pas.
Sources : mémentos AVS/AI 6.01 (état 1er janvier 2023) et 6.02 (état 1er janvier 2025), exemples de calcul officielsLes cotisations sur les allocations, en résumé
| Situation | Qui encaisse | Ce qui est prélevé |
|---|---|---|
| Salarié, l'employeur maintient le salaire | l'employeur, à concurrence du salaire versé | rien de particulier : le salaire est soumis comme d'ordinaire |
| Salarié, pas de maintien du salaire | le collaborateur | 6,4 % retenus par la caisse (5,3 % AVS/AI/APG + 1,1 % chômage) |
| Indépendant | l'indépendant | 5,3 % retenus par la caisse, pas de chômage |
Dans tous les cas, l'allocation est un revenu formateur de rente : elle est portée au compte individuel AVS et comptera pour le calcul de la rente future.
🎓Sans emploi, étudiant, retraité anticipé : cotiser quand même
l'AVS n'oublie personne, et une année manquée diminue la rente à vie
Qui doit cotiser sans exercer d'activité
L'obligation commence le 1er janvier qui suit le 20e anniversaire - jamais le jour anniversaire lui-même - et s'arrête à la fin du mois où l'on atteint l'âge de référence. Elle vise notamment :
| Situation | Début de l'obligation de cotiser |
|---|---|
| Avec activité lucrative | le 1er janvier qui suit le 17e anniversaire |
| Sans activité lucrative | le 1er janvier qui suit le 20e anniversaire |
Trois ans d'écart entre les deux, et dans les deux cas un 1er janvier : c'est ce décalage qui se retient mal.
L'obligation vise notamment :
| les retraités anticipés | les bénéficiaires d'une rente AI |
|---|---|
| les personnes en incapacité indemnisée | les étudiants |
| les chômeurs en fin de droits | les personnes divorcées, veuves et veufs |
| les globe-trotters | les bénéficiaires de l'aide sociale |
| le conjoint d'un retraité, s'il n'a pas atteint l'âge de référence | le conjoint d'une personne travaillant à l'étranger |
Comment la cotisation se calcule
Pas de salaire, donc pas de pourcentage : la cotisation se lit dans une table, à partir de deux éléments.
| Élément | Ce qu'on retient |
|---|---|
| La fortune nette | comptes, titres, immeubles, valeurs de rachat d'assurances-vie, dettes déduites. Les avoirs LPP et de libre passage n'en font pas partie. |
| Le revenu sous forme de rente × 20 | rentes et pensions de tout genre, y compris la 13e rente AVS, contributions d'entretien du conjoint, indemnités journalières maladie et accident, bourses, valeur locative d'un logement gratuit |
| Ce qui n'entre pas | les prestations de l'AI, les prestations complémentaires, les revenus de la fortune, les rentes d'orphelin |
| Somme fortune + rente × 20 | Cotisation annuelle | Par mois |
|---|---|---|
| moins de 350 000.- | 530.- (minimum) | 44.20 |
| 500 000.- | 954.- | 79.50 |
| 1 000 000.- | 2 014.- | 167.80 |
| 1 500 000.- | 3 074.- | 256.20 |
| 8 950 000.- et plus | 26 500.- (maximum) | 2 208.30 |
Au-delà de 1 750 000.-, la cotisation augmente de 159.- par tranche de 50 000.-. La caisse ajoute encore des frais d'administration, jusqu'à 5 % des cotisations.
Le conjoint qui travaille peut vous en dispenser
Une personne sans activité n'a rien à payer si son conjoint exerce une activité lucrative, est considéré comme actif au sens de l'AVS, et verse au moins le double de la cotisation minimale, soit 1 060.- par an - part de l'employeur comprise.
Cela vaut aussi pour qui collabore à l'entreprise familiale sans salaire en espèces.
Le calcul comparatif : petit taux d'activité, grosse surprise
Une personne qui travaille moins de neuf mois dans l'année ou à moins de 50 % n'est pas automatiquement considérée comme active. La caisse fait un test :
Oui → la personne est active toute l'année, rien de plus à payer.
Non → elle cotise comme non active, et peut demander l'imputation de ce qu'elle a déjà versé.
Exemple E · Un 10 % qui coûte cher
Homme de 63 ans, 8 000.- par an pour une activité à 10 %. Fortune du couple 500 000.-, rentes du ménage 75 000.- par an. Son épouse de 61 ans est sans activité.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Cotisations sur l'activité | 8 000 × 10,6 % | 848.- |
| 2 · Base comme non actif | (500 000 + 75 000 × 20) ÷ 2 | 1 000 000.- |
| 3 · Cotisation selon la table | - | 2 014.- |
| 4 · Le test | 848 < 1 007, soit la moitié de 2 014 | non actif |
| 5 · Imputation | 2 014 − 848 | 1 166.- à payer en plus |
Et son épouse ? Comme son mari n'est pas actif au sens de l'AVS, il ne peut pas la dispenser : elle doit verser à son tour 2 014.-. Le ménage paie donc trois fois : les 848.- de l'activité, les 1 166.- de complément, et les 2 014.- de l'épouse.
Exemple F · Une retraite anticipée, mais pas de complément
Homme célibataire de 60 ans, préretraité fin février. Rente de 4 000.- par mois dès mars, fortune de 250 000.-, salaire de 12 000.- pour janvier et février.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 1 · Cotisations sur l'activité | 12 000 × 10,6 % | 1 272.- |
| 2 · Base comme non actif | 250 000 + (4 000 × 10 mois × 20) | 1 050 000.- |
| 3 · Cotisation selon la table | - | 2 120.- |
| 4 · Le test | 1 272 > 1 060, soit la moitié de 2 120 | actif toute l'année |
| 5 · Complément | - | rien à payer |
Deux mois de salaire suffisent ici à faire basculer toute l'année. La rente ne compte que pour les mois effectivement perçus : 10 mois, pas 12.
Source : mémento AVS/AI 2.03, état 1er janvier 2026, exemples officiels
La facture qui surprend. Beaucoup d'étudiants découvrent l'existence de cette cotisation en recevant leur première facture - souvent avec plusieurs années de retard, et les intérêts qui vont avec. C'est la question que les RH entendent de la part des apprentis et des jeunes diplômés.
Le cas des étudiants
| Situation | Ce qui est dû |
|---|---|
| Étudiant sans activité, de 20 à 25 ans | la cotisation minimale de 530.- par an, versée à la caisse du canton de l'école ou directement à l'établissement |
| Étudiant sans activité, dès 25 ans | plus de forfait : la cotisation se calcule sur la condition sociale, comme toute personne sans activité, selon la table ci-dessus |
| Étudiant qui travaille | cotisations ordinaires sur le salaire, dès le 1er janvier suivant le 17e anniversaire |
Les trois cas où l'étudiant ne paie rien
| 1 | Il prouve, attestation à l'appui, qu'avec son employeur il a déjà versé 530.- au moins dans l'année sur un salaire ou des APG |
|---|---|
| 2 | Il séjourne en Suisse uniquement pour ses études et n'y a donc pas son domicile civil |
| 3 | Son conjoint, actif au sens de l'AVS, verse au moins 1 060.- dans l'année |
Et pour qui part étudier à l'étranger sans activité lucrative, l'assurance suisse peut être maintenue jusqu'au 31 décembre de l'année des 30 ans.
Les trois premiers mois : rien n'est dû
Le maintien du salaire de l'article 324a suppose que les rapports de travail aient duré plus de trois mois, ou aient été conclus pour plus de trois mois. En dessous, dans un contrat de durée indéterminée, il n'y a aucune obligation légale de verser le salaire en cas de maladie.
Les trois échelles, et le canton qui décide
| Année de service | Bernoise | Bâloise | Zurichoise |
|---|---|---|---|
| 1re | 3 semaines | 3 semaines | 3 semaines |
| 2e | 1 mois | 2 mois | 8 semaines |
| 3e | 2 mois | 2 mois | 9 semaines |
| 4e | 2 mois | 3 mois | 10 semaines |
| 5e | 3 mois | 3 mois | 11 semaines |
| 10e | 4 mois | 3 mois | 16 semaines |
| 15e | 5 mois | 4 mois | 21 semaines |
| 20e | 6 mois | 5 mois | 26 semaines |
Laquelle s'applique ? Celle que les parties ont choisie par écrit. À défaut, l'usage suit le canton du lieu de travail.
| Bernoise | AG, BE, FR, GE, JU, LU, NE, NW, OW, SG, SO, SZ, TI, UR, VD, VS |
|---|---|
| Zurichoise | AI, AR, GL, GR, SH, TG, ZG, ZH |
| Bâloise | BL, BS |
Un crédit en argent, pas en temps
C'est la subtilité que presque personne n'applique. Le droit au salaire « pour un temps limité » se comprend comme un crédit en argent. Une incapacité partielle le consomme donc moins vite.
| Situation en 1re année, crédit de 3 semaines | Consommation |
|---|---|
| Incapacité à 100 % | le crédit est épuisé après 3 semaines |
| Incapacité à 50 % | le crédit dure 6 semaines |
| Deux semaines à 50 % | équivalent à une semaine pleine ; il reste deux semaines de crédit |
Le crédit se recharge, mais ne se reporte pas
| Toutes les absences se cumulent | dans une même année de service, on additionne maladie, accident, service : c'est un seul crédit, pas un par cas |
|---|---|
| Nouveau crédit complet | au passage à l'année de service suivante, un droit entier renaît - il ne peut pas être réduit à cause de l'année précédente |
| Pas de report | le crédit non utilisé d'une année ne s'ajoute pas à celui de la suivante |
Ce qui compte dans l'ancienneté
| Reprise d'entreprise, art. 333 CO | les années chez le précédent employeur comptent |
|---|---|
| Apprentissage suivi d'un engagement | les années d'apprentissage comptent |
| Interruption puis réengagement | le premier contrat compte si l'interruption fut courte et sans autre employeur entre-temps |
📲La demande APG passe au numérique en 2026
le formulaire papier disparaît, et ce sont les RH qui reçoivent la demande de données salariales
Ce qui change, concrètement
Jusqu'ici, la personne en service rapportait un formulaire APG papier à la fin de son service, le remettait à son employeur, qui le complétait et l'envoyait à la caisse. Chaque étape ajoutait du retard, et il fallait souvent relancer.
Depuis le début de 2026, l'organisation du service annonce elle-même les jours accomplis à un portail APG, tenu par la Centrale de compensation. La personne est prévenue par SMS ou par courriel, et remplit sa demande depuis son téléphone.
Le formulaire papier disparaît. Plus rien à rapporter, plus rien à transmettre.
Ce que l'employeur reçoit, et par quel canal
La caisse ne demande plus rien au collaborateur : elle vient chercher les données salariales directement auprès de vous, par l'un de ces quatre canaux.
| Canal | Comment ça marche |
|---|---|
| Lettre avec code QR | vous recevez une invitation par courrier et saisissez les données en ligne en scannant le code - sans portail ni mot de passe |
| Portail des caisses de compensation | la demande arrive dans le portail, vous y saisissez les données |
| Connexion directe au logiciel de salaires | la demande arrive dans votre ERP selon le standard APG Swissdec ; vous autorisez l'envoi, sans aucune saisie manuelle |
| Papier | reste possible sur demande, par courrier |
Le calendrier, et le piège de la transition
Le passage se fait progressivement dès le début de 2026, organisation par organisation - les cours Jeunesse et Sport ont ouvert la marche.
🧾Ce qui est soumis, et ce qui ne l'est pas
la question qui revient le plus souvent au moment de saisir une ligne
Soumis aux cotisations
- Salaire horaire, mensuel ou aux pièces, heures supplémentaires, travail de nuit et de remplacement
- Gratifications, primes de fidélité, cadeaux pour ancienneté
- Provisions, commissions, tantièmes et jetons de présence
- Prestations en nature régulières : nourriture, logement, usage privé d'une voiture de service
- Le salaire que l'employeur continue de verser en cas de maladie ou d'accident
- Allocations pour perte de gain, indemnités journalières de l'AI, de l'assurance-chômage et de l'assurance militaire
- Indemnités de vacances et de jours fériés
- Indemnités pour les frais de trajet habituels domicile-travail et les repas habituels
Non soumis
- Allocations familiales conformes à l'usage : elles transitent par le salaire mais ne sont pas soumises
- Indemnités journalières versées par un assureur maladie, accident ou invalidité
- Versements de l'employeur à une institution de prévoyance exonérée
- Primes d'assurance payées directement à l'assureur, si tout le personnel est traité pareil
- Cadeaux en nature jusqu'à 600.- par an - mais l'argent liquide est soumis dès le premier franc
- Primes de réussite d'un examen professionnel jusqu'à 600.-
- Cadeaux de fiançailles et de mariage, indemnités de déménagement professionnel
- Frais de formation liés à l'activité
Le salaire en nature, au tarif officiel
| Prestation | Par jour | Par mois |
|---|---|---|
| Petit-déjeuner | 3.50 | 105.- |
| Repas de midi | 10.- | 300.- |
| Repas du soir | 8.- | 240.- |
| Logement | 11.50 | 345.- |
| Nourriture et logement | 33.- | 990.- |
Le piège du mois avec absence : la base de calcul n'est pas le brut
C'est l'erreur la plus fréquente dès qu'un collaborateur tombe malade. Le salaire brut affiché en bas de la première partie du décompte n'est pas la base sur laquelle on calcule les cotisations. Il faut en retirer ce qui n'est pas soumis.
| Ligne du décompte | Dans le brut ? | Soumis aux cotisations ? |
|---|---|---|
| Salaire mensuel | oui | oui |
| 13e salaire | oui | oui |
| Réduction pour maladie ou accident (montant négatif) | oui | oui - elle diminue la base |
| Délai d'attente payé à 80 % par l'employeur | oui | oui - c'est du salaire |
| Allocations familiales | oui | non |
| Indemnité journalière versée par l'assureur maladie | oui | non |
| Indemnité journalière versée par l'assureur accident | oui | non |
| Allocation pour perte de gain (service, maternité) | oui | oui |
Concrètement, un mois où un collaborateur a été absent comporte souvent cinq lignes au brut, dont seules trois entrent dans la base de cotisation. Un tableur qui additionne tout se trompe.
🧮Calculez un décompte
saisissez les montants du mois : tout se calcule chez vous, rien n'est envoyé
Décompte de salaire mensuel
Le calcul distingue automatiquement ce qui entre dans la base de cotisation de ce qui n'y entre pas. C'est là que se joue la justesse du décompte.
📅Les cas particuliers qui coincent
ceux qui font perdre le plus de temps en fin d'année
Le collaborateur qui a dépassé l'âge de référence
Il continue de cotiser à l'AVS, l'AI et les APG, mais plus à l'assurance-chômage dès la fin du mois où il atteint l'âge de référence. Il bénéficie d'une franchise de 16 800.- par an, soit 1 400.- par mois entier ou entamé, appliquée par employeur.
Il peut y renoncer pour cotiser sur tout son salaire - mais il doit l'annoncer au plus tard au versement du premier salaire de l'année. Une annonce en mars ne vaut que pour l'année suivante.
Le salaire de minime importance
Jusqu'à 2 500.- par an et par emploi, les cotisations ne sont prélevées que si le collaborateur le demande. Deux exceptions notables : le personnel des ménages privés, toujours soumis, et le personnel des domaines artistique et des médias, également toujours soumis.
Le bonus versé l'année suivante
C'est du salaire différé. L'obligation de cotiser dépend de la période où le travail a été fourni, mais les taux appliqués sont ceux en vigueur au moment du versement. Un bonus 2025 versé en 2026 se décompte donc aux taux 2026.
L'apprenti
Il cotise à partir du 1er janvier qui suit son 17e anniversaire, sur son salaire en espèces et en nature. Un apprenti qui a 17 ans en août 2025 commence à cotiser au 1er janvier 2026.
🤒Les absences : maladie, accident, service
trois régimes distincts, trois bases légales, et c'est là que les décomptes dérapent
Qui paie quoi, et pendant combien de temps
| Maladie · art. 324a CO | Accident · art. 324b CO | Service, maternité · APG | |
|---|---|---|---|
| Assurance | facultative (perte de gain maladie) | obligatoire (LAA) | obligatoire (régime des APG) |
| Sans assurance | l'employeur maintient 100 % selon une échelle : trois semaines la première année, puis une durée croissante | - | - |
| Avec assurance | l'employeur est libéré si la couverture est au moins équivalente : 80 % pendant deux ans | l'employeur est libéré si l'indemnité couvre au moins 80 % | idem |
| Si l'indemnité est inférieure à 80 % | l'employeur verse la différence pour atteindre le minimum légal, pendant un temps limité | ||
| Délai d'attente | à charge de l'employeur, 100 % ou 80 % selon accord écrit | à charge de l'employeur, au moins 80 % | - |
Les indemnités journalières, comment elles se calculent
| Assurance | Calcul | Plafond | Indemnité maximale |
|---|---|---|---|
| LAA accidents | gain assuré ÷ 365 × 80 % | 148 200.- par an | ≈ 324.80 par jour |
| APG service, maternité | revenu ÷ 360 × 80 % | 99 000.- par an | 220.- par jour |
| Perte de gain maladie | selon la police : 80, 90 ou 100 % | selon le contrat | selon le contrat |
L'indemnité LAA est due dès le troisième jour qui suit l'accident. Les deux premiers jours restent à la charge de l'employeur, au titre du délai d'attente.
Le gain assuré LAA n'est pas le salaire déterminant AVS
C'est la subtilité qui fait rater le plus de calculs d'indemnité, parce qu'elle prend l'inverse de la règle des cotisations.
| Élément | Soumis aux cotisations AVS ? | Dans le gain assuré LAA ? |
|---|---|---|
| Salaire de base et 13e salaire | oui | oui |
| Allocations familiales conformes à l'usage allocation pour enfants, de formation, de ménage | non | oui |
| Indemnité journalière de l'assureur | non | non |
Exemple. Salaire de 5 450.- versé treize fois, allocations de 275.- versées douze fois :
| Gain assuré annuel | (5 450 × 13) + (275 × 12) = 74 150.- |
|---|---|
| Salaire journalier | 74 150 ÷ 365 = 203.15 |
| Indemnité journalière à 80 % | 162.50 |
En oubliant les allocations, on tomberait à 155.30 par jour. En les comptant treize fois, à 163.10. Sur un arrêt de trois semaines, l'écart se voit passer à la caisse.
Source : art. 22 al. 2 let. b de l'ordonnance sur l'assurance-accidentsMaintien à 100 % ou à 80 % : deux façons de construire le décompte
Prenons un collaborateur à 5 450.- par mois, absent onze jours à la suite d'un accident, avec 275.- d'allocations familiales.
Méthode A - maintien à 100 % du brut
On retire les jours d'absence, on ajoute l'indemnité de l'assureur, et l'employeur complète pour que le brut reste identique. Le collaborateur ne voit aucune différence.
Méthode B - maintien à 80 % du brut
On retire les jours d'absence, on ajoute l'indemnité, et le brut baisse. C'est le minimum légal lorsque l'assurance couvre 80 %.
Le calculateur ci-dessus permet de tester les deux : saisissez la réduction pour absence, le délai d'attente payé et l'indemnité de l'assureur, et comparez la base de cotisation obtenue.
Ce que beaucoup oublient : les absences longues
- Quand seules des indemnités sont versées, sans salaire de l'employeur, le collaborateur ne cotise plus à l'AVS sur cette période.
- Au-delà de six mois d'absence, il faut vérifier la situation et l'annoncer à la caisse de compensation : l'intéressé peut devoir cotiser comme personne sans activité lucrative, sous peine de lacune de cotisation.
- Côté prévoyance professionnelle, l'assuré peut demander la réduction de son salaire coordonné - c'est un droit qui lui appartient, pas une décision de l'employeur.
- Les allocations pour perte de gain sont soumises à l'AVS, l'AI, les APG et l'assurance-chômage, mais pas à la LAA.
⏱️Le calendrier de l'employeur
les échéances à ne pas manquer
| Quoi | Quand |
|---|---|
| Paiement des cotisations, masse salariale ≤ 200 000.- | trimestriellement, au plus tard le 10 qui suit le trimestre |
| Paiement des cotisations, masse salariale > 200 000.- | mensuellement, au plus tard le 10 du mois suivant |
| Déclaration annuelle des salaires | au plus tard le 30 janvier suivant l'année de cotisation |
| Facture de différence après décompte | 30 jours exactement, non prolongeables |
⚠️Les six erreurs les plus fréquentes
celles qui reviennent dans les contrôles de caisse
1 · Soumettre les allocations familiales
Elles passent par le décompte mais ne sont pas soumises aux cotisations.
2 · Reprendre un taux d'un ancien support
Les taux et les plafonds changent au 1er janvier. La cotisation de solidarité AC, par exemple, n'existe plus depuis 2023.
3 · Oublier le salaire en nature
Nourriture, logement, part privée du véhicule : c'est du salaire déterminant, au tarif officiel.
4 · Traiter un cadeau en espèces comme un cadeau en nature
Les 600.- d'exonération ne valent que pour le nature. L'argent est soumis dès le premier franc.
5 · Placer une saisie de salaire au mauvais étage
Elle se retient après le net, jamais parmi les déductions sociales.
6 · Appliquer la franchise du retraité sans annonce
Elle s'applique par défaut ; c'est la renonciation qui doit être annoncée, et seulement au premier salaire de l'année.
🧠Testez vos réflexes
8 affirmations tirées au hasard parmi 24, et rien n'est enregistré ni envoyé
📚Les sources officielles
les mémentos font foi, et ils sont gratuits
Un chiffre qui a bougé, une source qui manque ? Dites-le, on corrige.
🙋Questions fréquentes
ce qu'on demande le plus souvent sur la paie
Le 13e salaire est-il obligatoire ?
Non. La loi ne le prévoit pas. Il est dû s'il figure au contrat, dans une convention collective, dans un règlement, ou s'il a été versé régulièrement et sans réserve au point de devenir un usage. S'il est dû, il se calcule au prorata en cas d'entrée ou de sortie en cours d'année, sauf accord contraire.
art. 322 CO · jurisprudence sur l'usageQuand mon salaire doit-il être versé ?
À la fin de chaque mois, sauf accord ou usage différent. Un versement systématiquement tardif est une violation du contrat : le travailleur peut mettre en demeure, et un retard important peut justifier une résiliation immédiate.
art. 323 al. 1 CO · art. 337a COMon employeur s'est trompé en ma faveur. Dois-je rembourser ?
En principe oui : ce qui a été versé sans cause doit être restitué. Mais si vous avez reçu la somme de bonne foi et que vous ne l'avez plus, la restitution peut être réduite. Demandez le détail du calcul par écrit et un échéancier plutôt qu'une retenue brutale sur le mois suivant.
art. 62 ss CO · art. 64 COMon employeur peut-il retenir de l'argent sur mon salaire ?
Seulement dans des cas précis, et jamais librement. Il peut compenser une créance qu'il a contre vous uniquement dans la mesure où le salaire est saisissable, c'est-à-dire au-delà du minimum vital. Une retenue à titre de sanction n'est admise que si une peine conventionnelle a été valablement convenue.
art. 323b al. 2 COÀ quoi sert la différence entre le brut et la base de cotisation ?
Le brut est ce que vaut le travail. La base de cotisation est ce sur quoi les assurances prélèvent, et elle n'est pas toujours identique : certaines prestations en sont exclues, d'autres plafonnées. C'est pourquoi un décompte se lit en quatre étages : brut, net, payé, net à payer.
art. 5 LAVS · art. 7 RAVSPuis-je exiger un décompte détaillé chaque mois ?
Oui. L'employeur remet un décompte à chaque paiement, et il doit être compréhensible : salaire, suppléments, déductions, avec leur base. Sans décompte, il est impossible de vérifier une retenue.
art. 323b al. 1 COExiste-t-il un salaire minimum en Suisse ?
Pas au niveau fédéral. Quelques cantons en ont institué un, indexé chaque année, et certaines conventions collectives fixent des minima par branche et par fonction. Hors de ces cas, le salaire est celui qui a été convenu. Un salaire manifestement disproportionné peut toutefois être attaqué comme lésion.
art. 322 CO · art. 21 CO · législations cantonales et conventions collectivesMon employeur peut-il baisser mon salaire ?
Pas unilatéralement pendant le contrat. Il faut soit votre accord, soit une résiliation du contrat assortie d'une proposition aux nouvelles conditions, appelée congé-modification, qui respecte le délai de congé. Continuer à travailler sans rien dire après une baisse annoncée peut être interprété comme une acceptation : mieux vaut écrire que l'on n'accepte pas.
art. 335 CO · jurisprudence sur le congé-modificationLes pourboires font-ils partie du salaire ?
Ils entrent dans le salaire déterminant lorsqu'ils représentent une part importante de la rémunération, ce qui est le cas dans les branches où ils sont d'usage. Ils sont alors soumis aux cotisations et comptent pour la rente. Un pourboire occasionnel et modeste n'est pas visé.
art. 7 let. e RAVSMon employeur n'a pas versé les cotisations retenues. Que se passe-t-il pour moi ?
Vos droits sont préservés : ce qui compte est le salaire réalisé, pas l'encaissement effectif par la caisse. L'employeur, lui, engage sa responsabilité personnelle pour le dommage causé, et cette responsabilité peut atteindre les organes dirigeants. Contrôlez votre compte individuel AVS de temps en temps, c'est gratuit.
art. 51 et 52 LAVSMon employeur fait faillite. Qui paie mon salaire ?
L'assurance-chômage verse une indemnité en cas d'insolvabilité, qui couvre les quatre derniers mois de rapports de travail au maximum, à hauteur du gain assuré, le salaire pris en compte par l'assurance, plafonné. Le délai est court, et il est de péremption : une fois passé, le droit est éteint et rien ne le rouvre. La demande se dépose auprès de la caisse de chômage publique dans les soixante jours qui suivent la publication de la faillite.
art. 51 à 53 LACIQuand dois-je recevoir mon certificat de salaire ?
Chaque année, pour la déclaration d'impôt, et à la fin des rapports de travail. L'employeur est tenu de l'établir : c'est une obligation fiscale, pas un service. Il doit être complet, y compris les prestations en nature et les avantages, sous peine de redressement.
art. 127 LIFD · directives sur le certificat de salairePuis-je être payé en espèces ?
Le salaire se paie en argent, et le virement bancaire est devenu l'usage. Un paiement en espèces reste possible s'il est convenu, mais il doit être accompagné d'un décompte et d'une quittance : sans trace, c'est l'employeur qui supportera la difficulté de prouver qu'il a payé.
art. 323b al. 1 COAi-je droit à une augmentation après plusieurs années ?
Il n'existe aucun droit automatique à l'augmentation. Elle découle du contrat, d'un règlement, d'une convention collective ou d'une pratique constante. En revanche, à travail de valeur égale, une différence de salaire fondée sur le sexe est interdite, et cela se vérifie.
art. 322 CO · art. 3 LEg · art. 8 al. 3 Cst