
Avant le premier jourUn permis à vérifier, parfois une demande à faire, parfois un poste à annoncer d'abord à l'ORP : l'employeur est responsable de chaque étape.
En 30 secondes
- Avant d'engager une personne étrangère, l'employeur doit vérifier qu'elle a le droit de travailler en Suisse (art. 91 LEI). Engager sans autorisation est punissable, même par négligence.
- UE/AELE : la libre circulation s'applique. Jusqu'à 3 mois ou 90 jours par année civile, une annonce en ligne suffit, au plus tard la veille ; au-delà, un permis L ou B, demandé au canton.
- Pays tiers (dont le Royaume-Uni) : l'employeur dépose une demande, et l'admission est limitée : personnes qualifiées, priorité aux travailleurs en Suisse et de l'UE, salaire usuel, contingents.
- Frontaliers : permis G ; ils rentrent chez eux au moins une fois par semaine.
- Pour les professions où le chômage atteint 5 %, le poste doit d'abord être annoncé à l'ORP : pendant 5 jours ouvrables, seuls les demandeurs d'emploi inscrits le voient. Amende jusqu'à 40 000 francs.
Les permis, en un coup d'œil
Le titre de séjour dit si, où et comment la personne peut travailler.
Établissement
Durée indéterminée et sans conditions : la personne travaille librement, comme une personne suisse ; elle n'est en principe plus imposée à la source.
Séjour
Plus d'une année. UE/AELE : contrat d'un an ou plus, titre de 5 ans, changement d'employeur libre. Pays tiers : selon les conditions du permis.
Courte durée
Un an au plus. UE/AELE : contrat de 3 mois à 1 an, titre de la durée du contrat. Pays tiers : changement d'emploi seulement pour raisons majeures.
Frontalier
Vit à l'étranger et rentre à son domicile en principe chaque jour, au moins une fois par semaine. Pays tiers : seulement dans la zone frontalière.
Admission provisoire
Peut travailler dans toute la Suisse : l'employeur annonce au canton, avant, le début, la fin et le changement d'emploi.
Protection provisoire
Activité possible avec l'autorisation ou selon les règles fixées par le canton : se renseigner avant l'engagement.

Une personne en demande d'asile (livret N) ou qui séjourne en Suisse comme touriste ne peut pas travailler sans autorisation. Les ressortissants suisses, et ceux qui ont une double nationalité suisse, n'ont besoin d'aucun permis.
art. 11, 32 à 35 et 85a LEI ; ALCP, annexe I, art. 6 et 7Quel permis, quelle démarche ?
Trois questions, et la marche à suivre s'affiche. Rien n'est envoyé.
Ma démarche pour engager
UE/AELE ou pays tiers : deux mondes
UE et AELE
- Droit d'accès au marché du travail grâce à l'accord sur la libre circulation
- 3 mois au plus : annonce en ligne, au plus tard la veille du début
- 3 mois à 1 an : permis L ; 1 an et plus : permis B de 5 ans
- Pour le titre, seuls le document d'entrée et une attestation de l'employeur peuvent être exigés
Pays tiers et Royaume-Uni
- L'employeur dépose la demande au canton du lieu de travail, avant le début
- Admission dans l'intérêt économique du pays, pour des cadres, spécialistes ou personnes qualifiées
- Priorité : prouver qu'aucune personne en Suisse ni de l'UE/AELE n'a été trouvée
- Salaire et conditions usuels du lieu et de la branche, logement approprié, nombres maximums fixés chaque année
- Royaume-Uni : depuis la sortie de l'UE, plus de procédure d'annonce, il faut une autorisation
Le délai d'une demande pour une personne d'un pays tiers se compte en semaines : à prévoir dans le calendrier du recrutement, et ne pas faire commencer la personne avant la décision.
art. 18 et 20 à 24 LEI ; ALCP, annexe I, art. 6Les frontaliers
- UE/AELE : la personne réside dans un État de l'UE ou de l'AELE, travaille en Suisse et rentre chez elle en principe chaque jour, ou au moins une fois par semaine ; elle reçoit un permis G, valable dans tout le canton qui l'a délivré.
- Pays tiers : admission seulement si la personne a un droit de séjour durable dans un État voisin, y vit dans la zone frontalière depuis six mois au moins et travaille dans la zone frontalière suisse.
- Assurances sociales et impôt : les règles dépendent du pays de résidence et du télétravail ; voir frontaliers et télétravail et l'impôt à la source.
Annoncer un poste à l'ORP d'abord
Cette obligation vaut pour tout recrutement, que la personne engagée soit suisse ou étrangère.

Pour les professions dont le taux de chômage atteint 5 % (liste publiée chaque automne pour l'année suivante, avec un « check-up » des professions sur le portail officiel de l'emploi), l'employeur annonce le poste à l'office régional de placement (ORP). Pendant 5 jours ouvrables, seuls les demandeurs d'emploi inscrits y ont accès ; l'ORP envoie des dossiers dans les 3 jours ouvrables ; l'employeur convoque les profils adéquats et communique le résultat. Il n'a pas à motiver un refus.
Mon calendrier d'annonce
Un de ces cas s'applique-t-il ? (alors, pas d'annonce)
Calcul sur les jours ouvrables (lundi à vendredi), sans les jours fériés, qui allongent le délai : vérifiez ceux de votre canton (voir les jours fériés).
Le diplôme étranger : faut-il une reconnaissance ?
Le permis dit si la personne peut travailler ; la reconnaissance dit si elle peut exercer cette profession.
- Profession réglementée (infirmière, médecin, électricien, enseignante, avocat…) : la loi exige un diplôme suisse ou un diplôme étranger reconnu. Sans reconnaissance, la personne ne peut pas exercer, même avec un permis.
- Profession non réglementée (la plupart : commerce, informatique, hôtellerie, RH…) : aucune reconnaissance n'est nécessaire ; l'employeur juge lui-même le diplôme. Une attestation de niveau du SEFRI peut aider à le situer (350 francs, jusqu'à 10 mois).
- La reconnaissance : auprès de l'autorité compétente selon la profession (souvent le SEFRI : 550 francs, environ 4 mois). Parfois avec une mesure de compensation : stage d'adaptation ou épreuve d'aptitude.
- UE/AELE : les règles européennes reprises par l'accord sur la libre circulation s'appliquent ; pour quelques professions (médecin, dentiste, pharmacien, infirmier, sage-femme, vétérinaire, architecte), la reconnaissance est en principe automatique sur présentation des diplômes. Pays tiers : examen au cas par cas, souvent plus long.
Un prestataire établi dans l'UE/AELE qui vient travailler 90 jours au plus par année, sans contrat avec un employeur suisse, fait une simple déclaration au SEFRI (réponse dans un mois). À prévoir dans le calendrier du recrutement : ne pas faire commencer une profession réglementée avant la décision.
ALCP, annexe III ; loi sur l'obligation des prestataires de services de déclarer leurs qualifications (LPPS) ; portail officiel reconnaissance.swiss
La santé, le premier domaine concerné. Près d'une profession réglementée sur trois est une profession de santé. Selon la profession, la reconnaissance se fait auprès de l'Office fédéral de la santé publique (médecins, dentistes, pharmaciens, chiropraticiens, psychologues) ou de la Croix-Rouge suisse, sur mandat de la Confédération (soins infirmiers, physiothérapie, ergothérapie, sages-femmes, ambulanciers…).
En plus de la reconnaissance, pratiquer sous sa propre responsabilité exige souvent une autorisation cantonale et l'inscription au registre fédéral de la profession.

La profession est-elle réglementée ?
Les 156 professions réglementées du portail officiel de la Confédération. Tapez un métier ou choisissez un domaine. Rien n'est envoyé.
Une profession qui n'est pas dans la liste n'exige aucune reconnaissance. Liste du portail reconnaissance.swiss au ; la décision et l'autorité exacte se vérifient sur la fiche officielle (lien sur chaque profession).
✓ Les devoirs de l'employeur
- Vérifier le titre de séjour avant le premier jour, ou se renseigner auprès du canton, et en garder une copie.
- Déposer la demande (pays tiers) ou l'annonce (UE/AELE 3 mois au plus ; personnes admises à titre provisoire) avant le début du travail.
- Vérifier le diplôme si la profession est réglementée : la reconnaissance doit être obtenue avant d'exercer.
- Payer le salaire usuel de la branche et du lieu ; dans certains cantons, respecter le salaire minimum.
- Annoncer la personne aux assurances sociales comme tout collaborateur, et retenir l'impôt à la source si elle n'a pas de permis C.
- Les sanctions : engager intentionnellement une personne sans autorisation est puni jusqu'à un an de peine privative de liberté ou d'une peine pécuniaire (trois ans dans les cas graves) ; par négligence, amende jusqu'à 20 000 francs. Les demandes de l'employeur peuvent aussi être refusées s'il récidive.
Engager un étranger : vos questions
Faut-il faire reconnaître le diplôme étranger d'un nouveau collaborateur ?
Seulement si la profession est réglementée en Suisse (santé, enseignement, électricité, droit…). Pour les autres, l'employeur apprécie lui-même le diplôme ; une attestation de niveau peut aider.
ALCP, annexe III ; reconnaissance.swissUne personne de l'UE peut-elle commencer avant d'avoir son permis ?
Jusqu'à 3 mois ou 90 jours par année civile, l'annonce en ligne suffit, faite au plus tard la veille. Pour un contrat plus long, la demande de permis L ou B se fait auprès du canton ; renseignez-vous sur le moment où le travail peut commencer.
ALCP, annexe I, art. 6Un touriste peut-il travailler quelques jours pour nous ?
Non : toute activité lucrative exige une autorisation, quelle que soit la durée du séjour, sauf la procédure d'annonce pour les ressortissants de l'UE/AELE.
art. 11 LEIQue risque l'employeur qui n'a pas vérifié le permis ?
Jusqu'à un an de peine privative de liberté ou une peine pécuniaire s'il agit intentionnellement, trois ans dans les cas graves ; une amende jusqu'à 20 000 francs par négligence.
art. 91 et 117 LEIFaut-il annoncer le poste à l'ORP pour engager un Suisse ?
Oui, si la profession est soumise à l'obligation : elle vaut pour tout recrutement, quelle que soit la nationalité de la personne engagée.
art. 21a LEIQuelle amende pour un poste non annoncé ?
Jusqu'à 40 000 francs si c'est intentionnel, 20 000 francs par négligence.
art. 117a LEIUne personne admise à titre provisoire (permis F) peut-elle travailler ?
Oui, dans toute la Suisse, aux conditions usuelles de salaire ; l'employeur annonce au canton, avant, le début, la fin et tout changement d'emploi.
art. 85a LEITestez vos réflexes
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Bases légales et sources officielles
Loi sur les étrangers et l'intégration (LEI), art. 11, 18, 20 à 25, 32 à 35, 85a, 91, 117, 117a et 122 ; accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), annexe I, art. 6 et 7 ; pages officielles de la Confédération sur l'obligation d'annoncer les postes vacants (seuil de 5 %, liste annuelle des professions) et sur la procédure d'annonce (3 mois ou 90 jours par année civile) ; reconnaissance des diplômes étrangers : ALCP, annexe III, loi sur l'obligation des prestataires de services de déclarer leurs qualifications (LPPS), portail officiel reconnaissance.swiss et pages du SEFRI (liste des professions réglementées, émoluments et délais).
Un chiffre qui a bougé, une source qui manque ? Dites-le, on corrige.
