Maladie et accident : le salaire, la protection, les vacances

Qui paie, combien et combien de temps : l'échelle de l'art. 324a, l'assurance perte de gain, l'accident LAA, la protection contre le congé et les vacances, avec quatre calculateurs.

Information générale sur le droit suisse : ce n'est pas un conseil juridique individuel.

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En 30 secondes

L'essentiel cette carte et la 1re partie · Le détail les parties 2 à 6 et leurs calculateurs · Pour les spécialistes les points discutés, à la fin

L'essentiel

Quand un collaborateur ne peut pas travailler sans faute de sa part, le salaire n'est pas perdu. Mais qui paie, combien et pendant combien de temps dépend du régime applicable.

La loi prévoit trois régimes. Pour savoir lequel s'applique, une seule question suffit : existe-t-il une assurance qui couvre ce risque ?

art. 324a al. 1 à 3 CO

① Pas d'assurance : l'employeur paie

  • 100 % du salaire, mais pour un temps limité
  • 3 semaines la 1re année de service
  • ensuite une durée « équitable », fixée par une échelle (bernoise, bâloise ou zurichoise)
  • seulement si le contrat a duré, ou a été conclu pour, plus de 3 mois

Typiquement : maladie, grossesse, service obligatoire, fonction publique, sans assurance perte de gain.

art. 324a al. 4 CO

② Une assurance remplace l'échelle

  • accord écrit, contrat-type ou convention collective
  • en pratique, assurance perte de gain maladie (IJM) : 80 % pendant 720 jours sur 900
  • délai d'attente : l'employeur paie au moins 80 %
  • le collaborateur paie au plus la moitié des primes

La solution la plus courante dans les PME : elle protège bien plus longtemps que l'échelle.

art. 324b CO

③ Une assurance obligatoire couvre

  • surtout l'accident (LAA) : 80 % du gain assuré dès le 3e jour qui suit l'accident
  • l'employeur est libéré si l'assurance couvre au moins 4/5 du salaire
  • sinon il paie la différence jusqu'à 80 %
  • pendant le délai de carence, il paie au moins 80 %

Aussi les APG (service, maternité) et l'AI. Le 3e régime ne s'applique qu'aux assurances imposées par la loi.

Ces trois régimes ne se cumulent pas : on cherche d'abord une assurance obligatoire (③), puis une assurance convenue (②), et seulement à défaut l'échelle (①). Une convention collective ou le contrat peuvent toujours prévoir mieux, jamais moins.

Calculer avec l'échellesans assurance : durée et montant selon le canton Calculer avec une IJMdélai d'attente, 80 %, fin des prestations Calculer un accidentjours de carence et différence de l'employeur

Les mots de la page, en clair

Incapacité de travailne pas pouvoir travailler, en tout ou en partie, à cause de sa santé (art. 6 LPGA, la loi générale des assurances sociales). Le certificat médical en fixe le taux : 100 %, 50 %…
Sans fautele collaborateur n'a pas provoqué lui-même son absence. Une maladie est presque toujours « sans faute ».
Année de servicel'année comptée depuis la date d'entrée : entré le 1er mars, il commence sa 2e année le 1er mars suivant (pas au 1er janvier).
Échelletableau fixé par les tribunaux qui dit combien de temps l'employeur paie, selon l'ancienneté : bernoise, bâloise ou zurichoise selon le canton.
IJM, assurance perte de gain maladieassurance qui verse une indemnité journalière en cas de maladie, en général 80 % du salaire. Facultative selon la loi, très répandue.
LAAla loi sur l'assurance-accidents : assurance obligatoire de tous les salariés contre les accidents.
Indemnité journalièremontant versé par l'assurance pour chaque jour civil d'incapacité, week-ends compris. Elle n'est pas soumise à l'AVS (art. 6 al. 2 let. b RAVS).
Délai d'attente, jours de carenceles premiers jours où l'assurance ne paie pas encore : c'est l'employeur qui verse le salaire, à 80 % au moins.
Gain assuréle salaire sur lequel la LAA calcule ses indemnités : dernier salaire avant l'accident, allocations familiales comprises, au plus 148 200 francs par an.
4/5quatre cinquièmes, soit 80 %. La loi dit « 4/5 » là où l'on dit couramment 80 %.
Équivalenceune assurance remplace l'échelle seulement si, au total, elle est au moins aussi favorable au collaborateur.
CCT, contrat-typeconvention collective de travail (signée par les partenaires sociaux d'une branche) ; contrat-type : règles édictées par la Confédération ou le canton pour une profession.
Temps d'essai, termetemps d'essai : le 1er mois du contrat, 3 mois au plus. Terme : la date à laquelle un congé peut finir, en général la fin d'un mois.

Les sigles soulignés en pointillé dans la page affichent leur sens au survol ou au toucher.

Le régime de base : sans assurance, c'est l'employeur qui paie le salaire entier, puis plus rien.

Les quatre conditions

1. Un empêchement de travaillermaladie, accident, grossesse, service obligatoire, fonction publique, obligation légale (citation en justice, par exemple)
2. Sans faute du travailleurune maladie est presque toujours non fautive ; un accident peut l'être s'il résulte d'un risque délibérément pris
3. Lié à sa personneet non à l'entreprise (une panne, un manque de travail relèvent de l'art. 324 CO)
4. Plus de 3 moisle contrat a duré plus de trois mois, ou a été conclu pour plus de trois mois (un contrat de durée déterminée de 6 mois ouvre le droit dès le 1er jour)

Le salaire comprend aussi une indemnité équitable pour le salaire en nature perdu, par exemple les repas ou le logement fournis (art. 324a al. 1 CO). La travailleuse enceinte y a droit « dans la même mesure » (al. 3).

art. 324a al. 1 et 3 CO

Trois semaines, puis une durée « équitable »

La loi ne chiffre que la 1re année de service : trois semaines de salaire (art. 324a al. 2 CO). Ensuite, le salaire est dû « pour une période plus longue fixée équitablement », selon la durée des rapports de travail. Pour éviter que chaque juge décide au cas par cas, les tribunaux de Berne, Bâle et Zurich ont établi trois échelles. Elles ne sont pas dans la loi, mais elles sont appliquées partout en Suisse.

bernoisebâloisezurichoise
Année de serviceBernoiseBâloiseZurichoise
1re3 semaines3 semaines3 semaines
2e1 mois2 mois8 semaines
3e2 mois2 mois9 semaines
4e2 mois3 mois10 semaines
5e3 mois3 mois11 semaines
6e3 mois3 mois12 semaines
10e4 mois3 mois16 semaines
11e4 mois4 mois17 semaines
15e5 mois4 mois21 semaines
16e5 mois5 mois22 semaines
20e6 mois5 mois26 semaines
21e6 mois6 mois27 semaines
25e7 mois6 mois31 semaines
30e8 mois6 mois36 semaines
40e10 mois6 mois46 semaines

Quelle échelle ? Celle que le contrat, un règlement ou la convention collective désigne par écrit. À défaut, celle du canton du lieu de travail :

BernoiseAG, AI*, AR*, BE, FR, GE, GL*, JU, LU, NE, NW, OW, SG, SO, SZ, TI, UR, VD, VS, ZG*
BâloiseBL, BS
ZurichoiseGR, SH, TG, ZH

* Pour AI, AR, GL et ZG, les sources ne s'accordent pas : certaines les rattachent à l'échelle zurichoise. Le calculateur affiche toujours les trois échelles pour comparer.

Comment le crédit se compte

Exemple chiffré. Lausanne, échelle bernoise. Entrée le 1er mars 2024, malade dès le 2 novembre 2026 pendant 90 jours, 6 000 francs × 13. Le collaborateur est dans sa 3e année de service : droit de 2 mois, soit 2 × 6 500 = 13 000 francs (environ 61 jours sur 90). Les 29 jours restants ne sont plus payés, sauf si l'absence atteint le 1er mars 2027, date d'un crédit neuf.
art. 324a al. 2 CO ; échelles de jurisprudence bernoise, bâloise et zurichoise
Calculateur 1

Le salaire selon l'échelle (art. 324a al. 1 à 3 CO)

Pour un empêchement sans assurance : maladie sans IJM, grossesse, service obligatoire non couvert, accident non assuré. Rien n'est envoyé.

Le même calcul, pas à pas (valeurs de départ du calculateur)
  1. Année de service : entrée le 1er mars 2024, maladie dès le 2 novembre 2026. Deux dates anniversaires sont passées (1.3.2025 et 1.3.2026) : c'est la 3e année.
  2. Échelle : Vaud applique la bernoise, qui donne 2 mois en 3e année.
  3. Salaire par jour : 6 000 × 13 = 78 000 francs par an ; 78 000 ÷ 365 = 213.70 francs par jour civil.
  4. Durée en jours : 2 mois × 30,42 jours = 60,83 jours.
  5. Montant : 60,83 × 213.70 ≈ 13 000 francs, soit exactement deux fois 6 500 (le salaire mensuel avec le 13e).
  6. Après : sur 90 jours d'absence, 29 ne sont plus payés, sauf contrat, convention collective ou assurance plus favorables.

À 50 % d'incapacité, le collaborateur travaille la moitié du temps et reçoit ce salaire normalement ; l'échelle ne paie que l'autre moitié, et les 60,83 jours de crédit couvrent alors 121,7 jours civils.

Art. 324a al. 4 CO : l'assurance perte de gain maladie

Une assurance d'indemnités journalières (IJM) remplace l'échelle, à condition d'être au moins aussi favorable.

« Un accord écrit, un contrat-type de travail ou une convention collective peut déroger aux présentes dispositions à condition d'accorder au travailleur des prestations au moins équivalentes » (art. 324a al. 4 CO). Avec une IJM conforme, l'employeur ne doit plus le salaire selon l'échelle : il paie le délai d'attente, puis l'assurance prend le relais.

La chronologie d'une maladie assurée

Les conditions de l'équivalence

CritèreExigence retenue en pratique
Formeaccord écrit (contrat, règlement remis au collaborateur), contrat-type ou convention collective
Montant80 % du salaire au moins
Durée720 jours dans une période de 900 jours (souvent 730 jours, délai d'attente compris)
Délai d'attentel'employeur verse au moins 80 % du salaire ; quelques jours de carence non payés (2 ou 3 au plus) sont parfois admis
Primesle collaborateur en paie au plus la moitié
Réservesune maladie exclue par l'assureur reste à charge de l'employeur selon l'échelle

L'équivalence s'apprécie globalement : la 1re année, l'échelle donne 3 semaines à 100 %, l'IJM 80 % pendant près de deux ans. Le collaborateur perd 20 % au début, mais gagne une protection beaucoup plus longue.

art. 324a al. 4 CO

LAMal ou contrat d'assurance privé ?

L'IJM peut être conclue selon la loi sur l'assurance-maladie (LAMal, art. 67 à 77) ou, bien plus souvent, selon la loi sur le contrat d'assurance (assurance privée). Les règles de la LAMal donnent le minimum :

Qui peut s'assurertoute personne domiciliée ou active en Suisse, de 15 ans à 65 ans ; l'employeur peut conclure une assurance collective pour son personnel (art. 67 LAMal)
Début du droitincapacité d'au moins 50 % ; à défaut d'accord, dès le 3e jour qui suit le début de la maladie ; un délai d'attente peut être convenu contre une prime réduite (art. 72 al. 2 LAMal)
Duréeau moins 720 jours dans une période de 900 jours, pour une ou plusieurs maladies ; le délai d'attente payé par l'employeur peut en être déduit (art. 72 al. 2 et 3 LAMal)
Incapacité partielleindemnité réduite en proportion, pendant la même durée (art. 72 al. 4 LAMal)
Réservesune maladie existante peut être exclue, cinq ans au plus (art. 69 LAMal)
Départ de l'entreprisedroit de passer dans l'assurance individuelle (art. 71 LAMal) : l'employeur doit en informer le collaborateur
Exemple chiffré. 6 000 francs × 13, soit 213.70 francs par jour civil. Malade 60 jours, délai d'attente de 30 jours payé à 80 % : l'employeur verse 30 × 170.96 = 5 128.77 ; l'assurance verse 30 × 170.96 = 5 128.77. Le collaborateur reçoit 80 % de son salaire pendant toute l'absence.

Les cotisations. L'indemnité de l'assureur n'est pas soumise à l'AVS. Le salaire du délai d'attente et le complément de l'employeur au-delà de 80 % le sont (art. 6 al. 2 let. b RAVS).

art. 67, 69, 71 et 72 LAMal ; art. 6 LPGA ; art. 6 al. 2 let. b RAVS
Calculateur 2

L'assurance perte de gain maladie (art. 324a al. 4 CO)

Le même calcul, pas à pas
  1. Salaire par jour : 6 000 × 13 ÷ 365 = 213.70 francs.
  2. Délai d'attente (jours 1 à 30) : l'employeur verse 80 %, soit 170.96 francs par jour × 30 = 5 128.77. Ce montant est du salaire : il est soumis à l'AVS.
  3. Indemnités (dès le 31e jour) : l'assurance verse 80 %, soit 170.96 francs par jour, week-ends compris : 30 jours × 170.96 = 5 128.77, non soumis à l'AVS.
  4. Fin : avec 730 jours délai compris, l'assurance paie au plus 700 jours d'indemnités ; l'absence est couverte jusqu'au 730e jour.
  5. Équivalence : écrit, 80 %, 730 jours, délai payé à 80 %, prime partagée à 50 % : les cinq conditions sont remplies.

Si le contrat promet 100 %, l'employeur ajoute 20 % du salaire par jour (42.74 francs), soumis à l'AVS.

Art. 324b CO : l'accident, couvert par la LAA

L'assurance-accidents est obligatoire : l'employeur ne paie que ce qu'elle ne couvre pas.

Tout salarié est assuré contre les accidents professionnels ; dès 8 heures par semaine chez le même employeur, aussi contre les accidents non professionnels (art. 8 LAA, art. 13 OLAA). Comme cette assurance est imposée par la loi, c'est l'art. 324b CO qui s'applique, et non l'échelle.

Jour après jour

Les trois règles de l'art. 324b CO

Al. 1 : libérationl'employeur ne doit pas le salaire si l'assurance couvre au moins les quatre cinquièmes du salaire, pour le temps limité de l'art. 324a
Al. 2 : différencesi l'indemnité est inférieure, il paie la différence jusqu'à 80 % du salaire. Cas typique : un salaire supérieur au gain maximum assuré de 148 200 francs par an (art. 22 OLAA)
Al. 3 : délai de carencependant le délai où l'assurance ne paie pas encore, l'employeur verse au moins 80 % du salaire

Le gain assuré n'est pas le salaire AVS

Exemple chiffré. 15 000 francs × 13 = 195 000 francs. Gain assuré plafonné : 148 200 francs, soit 406 francs par jour ; indemnité LAA 324.80 francs par jour. 80 % du salaire : 427.40 francs par jour. L'employeur verse la différence de 102.60 francs par jour, pendant la durée de l'échelle (2 mois en 3e année, échelle bernoise).
art. 324b CO ; art. 8, 15, 16, 17 et 37 LAA ; art. 13, 22 et 25 OLAA et annexe 2
Calculateur 3

L'accident assuré LAA (art. 324b CO)

Un salaire au-dessus du plafond, pas à pas
  1. Salaire : 15 000 × 13 = 195 000 francs par an, au-dessus du plafond LAA.
  2. Gain assuré : plafonné à 148 200 francs, soit 406 francs par jour ; l'indemnité vaut 80 % : 324.80 francs par jour.
  3. Ce que l'employeur doit au minimum : 80 % du salaire, soit 195 000 ÷ 365 × 80 % = 427.40 francs par jour.
  4. Différence : 427.40 − 324.80 = 102.60 francs par jour, à verser par l'employeur (art. 324b al. 2 CO).
  5. Pendant combien de temps : pendant la durée de l'échelle, ici 2 mois en 3e année (60,83 jours), dont 2 jours de carence déjà payés : 58,83 jours × 102.60 ≈ 6 036 francs.
  6. Jours de carence : les 2 jours suivant l'accident, l'employeur paie 80 % du salaire : 2 jours, soit 854.79.

Avec un salaire de 6 000 × 13 et 215 francs d'allocations familiales, le gain assuré (80 580) donne 176.61 francs par jour, plus que 80 % du salaire (170.96) : l'employeur ne doit aucune différence.

Art. 336c CO : pas de licenciement pendant la maladie

Payer le salaire est une chose ; ne pas licencier en est une autre. L'art. 336c CO protège le collaborateur malade ou accidenté contre un congé « en temps inopportun ».

Après le temps d'essai, l'employeur ne peut pas résilier le contrat pendant une incapacité de travail totale ou partielle, due à une maladie ou un accident non fautifs, et cela :

Année de serviceDurée de protection
1re année30 jours
2e à 5e année90 jours
dès la 6e année180 jours

La protection vaut aussi pour la grossesse et les 16 semaines qui suivent l'accouchement, le service obligatoire (et les 4 semaines avant et après, s'il dure plus de 11 jours) et d'autres cas énumérés à l'art. 336c al. 1 CO.

Deux situations, deux effets

Exemple chiffré. Entrée le 1er mars 2022 : 5e année, délai de 2 mois pour la fin d'un mois. Congé reçu le 20 octobre 2026 : le délai court du 1er novembre au 31 décembre (61 jours). Maladie du 10 novembre au 5 décembre (26 jours, moins que les 90 jours de protection) : 9 jours de délai étaient écoulés, il en reste 52. Ils reprennent le 6 décembre et finissent le 26 janvier 2027 ; le contrat est prolongé jusqu'au 31 janvier 2027.

Ce que la protection ne couvre pas

Et le congé abusif ?

Une fois la protection écoulée, le congé redevient possible. Licencier un collaborateur parce qu'une longue maladie l'empêche de travailler n'est en principe pas abusif. Le congé peut l'être s'il est donné pour un motif sans lien avec le travail, ou si l'employeur a lui-même causé l'atteinte, par exemple en laissant un harcèlement se poursuivre (art. 336 et 328 CO). L'indemnité peut alors atteindre six mois de salaire (art. 336a CO), à condition de faire opposition par écrit avant la fin du délai de congé (art. 336b CO).

Calculer la date de fin exacte  Les règles du licenciement · délais et temps inopportun en détail

art. 335b al. 3, 336, 336a, 336b, 336c al. 1 à 3 et 337 CO

Art. 329b CO : les vacances après une longue absence

L'employeur peut réduire les vacances d'un douzième par mois complet d'absence, mais seulement au-delà d'une franchise qui dépend de la cause.

Cause de l'absenceFranchiseRéduction
Maladie, accident, obligation légale, fonction publique, congé-jeunesse, sans faute (al. 2)le 1er mois1/12 par mois complet dès le 2e
Grossesse (al. 3 let. a)les 2 premiers mois1/12 par mois complet dès le 3e
Faute du collaborateur (al. 1)aucune, s'il y a plus d'un mois au total1/12 par mois complet, dès le 1er
Congé de maternité, de l'autre parent, de prise en charge, d'adoption (al. 3 let. b à e)aucune réduction, quelle que soit la durée

En image : 75 jours de maladie dans l'année

75 jours = 2 mois complets (on compte 30 jours par mois ; les 15 jours restants ne comptent pas). Le 1er mois est franc, le 2e coûte 1/12.

franchise1/12 de réductionmois non concerné
Exemple chiffré. Droit de 20 jours, 75 jours de maladie : 20 × 1/12 = 1,67 jour de moins, il reste 18,33 jours. Avec une absence fautive de 75 jours, la réduction serait de 2/12, soit 3,33 jours.
art. 329b al. 1 à 4 CO
Calculateur 4

La réduction des vacances (art. 329b CO)

Additionnez les jours d'absence de la même année de service. Pour une incapacité partielle, comptez au prorata : 40 jours à 50 % = 20 jours.

Le même calcul, pas à pas
  1. Additionner les jours d'absence de la même année de service, par cause : ici 75 jours de maladie.
  2. Convertir en mois complets : 75 ÷ 30 = 2,5, soit 2 mois complets (on ne garde que les mois entiers).
  3. Retirer la franchise : maladie sans faute, le 1er mois est franc ; il reste 1 mois qui réduit.
  4. Réduire : 20 jours de vacances × 1/12 = 1,67 jour ; il reste 18,33 jours.

Pour une incapacité partielle, comptez au prorata avant d'additionner : 40 jours à 50 % = 20 jours.

Pour les spécialistes : ce qui est discuté

La page applique l'opinion dominante. Voici les points où la loi est muette et où la pratique ou la doctrine tranchent.

QuestionSolution retenue par la pagePourquoi c'est discuté
Le crédit de l'échelle à la date anniversaireun crédit neuf s'ouvre, même en pleine maladiel'art. 324a al. 2 CO parle de « première année de service » sans régler l'absence qui chevauche deux années
Incapacité partielle et échellele crédit se compte en jours de salaire entier : à 50 %, il dure deux fois plusune minorité compte des jours civils, quel que soit le taux
Choix de l'échellecelle du canton du lieu de travail ; AI, AR, GL et ZG signalés comme incertainsles échelles sont des barèmes de jurisprudence ; le juge reste libre de fixer une durée « équitable »
Durée de la différence de l'art. 324b al. 2dans la limite de la durée de l'échellel'al. 1 se réfère au « temps limité » ; l'al. 2 ne répète pas cette limite
Contrat de durée indéterminée et 3 premiers moisaucun salaire légal avant la fin du 3e mois, puis droit pour la suite de l'absencele texte (« ont duré plus de trois mois ») ne dit pas quand naît le droit si la maladie a commencé avant
Équivalence d'une IJM80 %, 720 jours sur 900, délai payé à 80 %, prime au plus pour moitié, appréciation globalecritères forgés par la pratique ; la loi exige seulement des prestations « au moins équivalentes »
Incapacité limitée au poste (conflit)la protection de l'art. 336c CO peut ne pas s'appliquer si un autre emploi reste possiblejurisprudence récente du Tribunal fédéral, appréciée au cas par cas avec le médecin

IJM : deux régimes juridiques

Coordination à retenir

art. 324a al. 1, 2 et 4, 324b, 336c CO ; art. 16 al. 3 LAA ; art. 67 à 77 LAMal ; LPGA

Maladie, accident : vos questions

Mon collaborateur tombe malade pendant le temps d'essai : que dois-je ?

Le temps d'essai est prolongé d'autant (art. 335b al. 3 CO) et la protection contre le congé ne s'applique pas encore. Pour le salaire, l'art. 324a ne joue qu'après trois mois de contrat, ou dès le début si le contrat est conclu pour plus de trois mois ; une IJM peut couvrir plus tôt selon sa police.

art. 324a al. 1, 335b al. 3 et 336c al. 1 CO
Le crédit de l'échelle se renouvelle-t-il ?

Oui, à chaque date anniversaire de l'entrée en service. Toutes les absences de la même année de service s'imputent sur le même crédit ; au passage dans l'année suivante, un nouveau crédit s'ouvre, même si la maladie continue.

art. 324a al. 2 CO
L'assurance perte de gain refuse de payer : l'employeur est-il libéré ?

Non, si le refus vient d'une réserve, d'une exclusion ou d'un défaut de la police : l'employeur doit alors au moins ce que l'échelle aurait donné. Il n'est libéré que par une solution réellement équivalente. Si l'assureur refuse parce que l'incapacité n'est pas prouvée, le collaborateur n'a pas non plus droit au salaire.

art. 324a al. 2 et 4 CO, art. 69 LAMal
Les indemnités journalières sont-elles soumises à l'AVS ?

Non : les prestations d'assurance en cas de maladie ou d'accident ne font pas partie du salaire déterminant. En revanche, le salaire payé pendant le délai d'attente et tout complément de l'employeur au-delà de l'indemnité sont soumis aux cotisations.

art. 6 al. 2 let. b RAVS
Quand faut-il un certificat médical ?

La loi ne fixe pas de délai : c'est au collaborateur de prouver son incapacité. Le contrat ou le règlement le prévoient en général dès le 3e ou le 4e jour d'absence. L'employeur qui a un doute sérieux peut demander un examen par un médecin-conseil, à ses frais.

art. 324a CO, art. 8 CC
Le contrat prend fin pendant la maladie : que deviennent les indemnités ?

Le salaire de l'employeur s'arrête avec le contrat. L'IJM continue ou non selon sa police ; le collaborateur doit être informé de son droit de passer dans l'assurance individuelle. Pour l'accident, la couverture LAA dure jusqu'au 31e jour après la fin du droit au salaire, et l'indemnité d'un accident survenu avant reste due.

art. 71 LAMal, art. 3 al. 2 LAA
Les jours de carence d'un accident doivent-ils être payés à 100 % ?

La loi exige au moins 80 % pendant le délai de carence. Beaucoup de contrats et de conventions collectives prévoient 100 % ; le jour de l'accident lui-même, commencé au travail, est en général payé normalement.

art. 324b al. 3 CO, art. 16 al. 2 LAA
Peut-on licencier un collaborateur malade depuis longtemps ?

Oui, une fois la période de protection écoulée (30, 90 ou 180 jours selon l'ancienneté). Le congé donné pendant la protection est nul. Après, il reste soumis aux règles du congé abusif, mais une longue incapacité est en principe un motif admissible.

art. 336, 336c CO
Incapacité partielle : comment faire la fiche de salaire ?

Le temps travaillé est payé normalement. Seule la part d'incapacité suit le régime de la page : échelle, indemnité de l'assurance ou délai d'attente. À 50 %, on verse donc 50 % de salaire ordinaire, plus l'indemnité calculée sur l'autre moitié.

art. 324a CO, art. 72 al. 4 LAMal, art. 17 al. 1 LAA
Salaire horaire ou très variable : quel salaire retenir ?

Celui que la personne aurait gagné si elle avait travaillé. En pratique, on prend la moyenne des derniers mois, souvent les 12 derniers, suppléments réguliers compris. Pour la LAA, c'est le dernier salaire avant l'accident, converti en salaire annuel.

art. 324a al. 1 CO, art. 15 LAA, art. 22 al. 3 OLAA
Qui annonce l'accident, et quand ?

Le collaborateur avise sans retard son employeur ; l'employeur avise sans retard l'assureur-accidents dès qu'un accident nécessite un traitement médical ou cause une incapacité de travail. Pour une maladie, la police d'assurance perte de gain fixe le délai d'annonce : un retard peut coûter des indemnités.

art. 45 LAA
Le collaborateur tombe malade après avoir donné sa démission : le délai est-il prolongé ?

Non. La protection de l'art. 336c CO ne joue que pour un congé donné par l'employeur. La démission prend fin à la date prévue ; le salaire en cas de maladie reste dû jusque-là.

art. 336c al. 1 CO
Accident lors d'un sport à risque : qui paie ?

Pour un accident non professionnel, l'assurance-accidents peut réduire, voire refuser, ses prestations en cas d'entreprise téméraire ou de danger extraordinaire. Et si l'accident est dû à une faute du collaborateur, l'employeur ne doit pas compléter selon l'art. 324a ou 324b, qui supposent un empêchement sans faute.

art. 37 et 39 LAA, art. 324a al. 1 CO
Une maladie pendant la grossesse : quel régime ?

La travailleuse enceinte empêchée de travailler a droit au salaire « dans la même mesure » qu'en cas de maladie (échelle ou IJM selon le contrat). Elle est protégée contre le congé pendant toute la grossesse et 16 semaines après l'accouchement, et ses vacances ne sont réduites qu'au-delà de deux mois d'absence.

art. 324a al. 3, 329b al. 3 et 336c al. 1 let. c CO

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6 affirmations tirées au hasard parmi 8, et rien n'est enregistré ni envoyé

Bases légales

Code des obligations, art. 324a, 324b, 329b, 335b al. 3, 336 à 336c et 337 ; loi sur l'assurance-accidents (LAA), art. 3, 8, 15 à 17 et 37 ; ordonnance sur l'assurance-accidents (OLAA), art. 13, 22, 25 et annexe 2 ; loi sur l'assurance-maladie (LAMal), art. 67 à 72 ; LPGA, art. 6 ; RAVS, art. 6 al. 2 let. b.

Ces repères n'ont pas valeur juridique. Les montants et les règles changent chaque année, et chaque situation a ses particularités. Vérifiez toujours à la source officielle citée, ou auprès de votre caisse de compensation.
Le trio de TransparenceRH salue

Un chiffre qui a bougé, une source qui manque ? Dites-le, on corrige.