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Mobilité internationale : permis, autorisations, démarches

Venir travailler en Suisse ou partir en mission : quelle autorisation, quelle annonce, quelle assurance, qui fait quoi et quand, avec trois applications.

Révisé le 1er novembre 2026 · Information générale, pas un conseil individuel · Sources officielles en fin de page.

Information générale sur le droit suisse : ce n'est pas un conseil juridique individuel.

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L'essentiel

Sur cette pageLes six formes de mobilitéMa situation : qui fait quoi, quandLa coordination des assurances socialesLes conventions bilatéralesVenir travailler en Suisse : quelle autorisationLes travailleurs détachés en SuissePartir en mission depuis la SuisseLe maintien des assurances suisses, branche par brancheTravailler dans plusieurs paysSalaire, indemnités et frais pendant la missionLa paie du détachement, pas à pasLa lettre de missionLe calendrier : qui fait quoi, quand, commentMobilité internationale : vos questions

Les six formes de mobilité

Mettre le bon nom sur la situation : c'est lui qui décide des règles

Le voyage d'affaires

Quelques jours de réunion ou de salon à l'étranger. Pas de changement d'assurance ; selon le pays, une A1 peut tout de même être demandée sur place : en Europe, prévoyez-la.

Le détachement (mission)

Le salarié part travailler un temps limité pour son employeur, qui continue de le payer, puis revient. Il reste en principe dans les assurances de son pays d'envoi.

L'expatriation

Un contrat local avec une entité du pays d'accueil, pour une longue durée. Le salarié quitte les assurances suisses et entre dans celles du pays.

Le transfert dans le groupe

Un cadre ou un spécialiste passe dans une société sœur à l'étranger, ou vient en Suisse depuis une filiale. Pour un État tiers, la loi prévoit une voie pour les cadres transférés.

Le frontalier

Il vit dans un pays et travaille dans un autre, en rentrant chez lui au moins chaque semaine. Voir frontaliers et télétravail.

La pluriactivité

Le salarié travaille régulièrement dans plusieurs pays, ou télétravaille depuis un autre pays : une seule loi sociale s'applique, à déterminer.

Ma situation : qui fait quoi, quand

Quatre réponses, et les démarches s'affichent dans l'ordre

ApplicationQuelle situation, quelles démarches ?

Indication générale : la nationalité compte aussi (un ressortissant d'un État tiers engagé dans l'UE ne suit pas toujours les règles UE). Pour un cas précis : canton du lieu de travail, caisse AVS, SEM et OFAS.

La coordination des assurances sociales

Les cinq principes, et ce qu'ils ne couvrent pas

Entre la Suisse et l'UE/AELE, l'accord sur la libre circulation des personnes reprend les règlements européens de coordination (CE 883/2004 et 987/2009). Ils ne remplacent pas les assurances nationales : ils évitent qu'une personne qui bouge soit assurée deux fois, ou pas du tout. Cinq principes :

Ce que coordonnent les règlements : AVS, AI, APG, chômage, accidents, maladie, allocations familiales et prévoyance professionnelle obligatoire. Ce qu'ils ne coordonnent pas : la partie surobligatoire de la caisse de pension, les assurances privées (perte de gain, complémentaire) et l'impôt.

Les conventions bilatérales

Hors de l'Europe : quel cadre appliquer ?

Quel cadre appliquer ?nationalité + États concernésL'autre État est-il UE/AELE ?ouinonRèglements 883/2004une seule législationA1, 24 moisConvention bilatérale ?ouinonLa conventionbranches couvertesdurée du détachementDroit suisse seulAVS si l'employeury consent
Schéma 1 : trouver le cadre de coordination des assurances sociales.

Venir travailler en Suisse : quelle autorisation

Le tableau complet ; le détail des permis est sur la page engager un collaborateur étranger

SituationL'autorisationQuiQuand
UE/AELE, emploi en Suisse jusqu'à 3 moisAnnonce en ligne, pas de permis ; 90 jours de travail au plus par année civileL'employeurAu plus tard la veille du début
UE/AELE, emploi de 3 mois à 1 anPermis L UE/AELE, pour la durée du contratLa personne, au canton, avec l'attestation d'engagementDans les 14 jours après l'arrivée et avant le début du travail
UE/AELE, emploi d'un an ou plusPermis B UE/AELE, valable 5 ansLa personne, au cantonIdem
UE/AELE, frontalierPermis G ; retour au domicile au moins une fois par semaineLa personne ou l'employeur, au canton du lieu de travailAvant le début
Détaché par une entreprise de l'UE/AELEAnnonce en ligne jusqu'à 90 jours effectifs par année ; au-delà, autorisation sans droit à l'obtenirL'entreprise étrangère8 jours avant ; sans annonce, 8 jours au plus par année, sauf branches sensibles
Royaume-Uni, détachement ou indépendantAnnonce en ligne jusqu'à 90 jours (accord temporaire jusqu'au 31 décembre 2029)L'entreprise britannique8 jours avant
Royaume-Uni, emploi en SuisseAutorisation cantonale, même pour 3 moisL'employeurAvant le début ; contingent de 2 100 permis B en 2026
État tiers, emploi en SuisseAutorisation : intérêt économique, priorité des travailleurs de Suisse et de l'UE/AELE, salaire usuel, qualification ; contingentsL'employeur, au canton, puis approbation du SEMAvant le début ; 8 500 autorisations en 2026 (4 500 B, 4 000 L)
État tiers, frontalierPermis G seulement si la personne a un droit de séjour durable dans un État voisin et vit depuis au moins 6 mois dans la zone frontalière voisine ; travail dans la zone frontalière suisse (art. 25 LEI)L'employeur, au cantonAvant le début ; priorité et salaire usuel vérifiés
État tiers, détaché en SuisseAutorisation de courte durée, salaire et frais usuels ; voie simplifiée seulement s'il vit et travaille depuis 12 mois dans l'UE/AELEL'employeur étranger, via son client ou le cantonAvant le début
Le devoir de l'employeur : avant le premier jour, vérifier le titre de séjour ou l'annonce et en garder une copie (art. 91 LEI). Une personne étrangère ne peut pas commencer « en attendant » le permis : toute activité lucrative exige une autorisation, quelle qu'en soit la durée (art. 11 LEI).

Les travailleurs détachés en Suisse

Ce que l'entreprise étrangère et son client suisse doivent respecter

Partir en mission depuis la Suisse

Rester dans les assurances suisses : l'attestation A1 et ses équivalents

Pays d'accueilAssurances socialesDémarcheDurée
UE/AELEReste dans l'AVS, l'AI, l'APG, le chômage suisses avec l'attestation A1, s'il est envoyé par son employeur et ne remplace pas une autre personne détachéeL'employeur, en ligne (ALPS) auprès de sa caisse de compensation AVS24 mois ; au-delà, accord particulier négocié par l'OFAS (art. 16 du règlement), en pratique 5 à 6 ans au total
État avec convention (p. ex. États-Unis, Canada, Inde, Japon, Chine)Reste dans les assurances suisses pendant la durée prévue par la conventionL'employeur, via ALPS ; attestation de détachement de la conventionSelon la convention ; prolongation possible si le total ne dépasse pas 5 à 6 ans
État sans conventionLe salarié d'un employeur en Suisse, payé par lui, peut rester assuré à l'AVS si l'employeur y consent (art. 1a al. 3 let. a LAVS) ; risque de cotiser aussi sur placeDemande à la caisse de compensationTant que dure l'activité pour l'employeur suisse
Expatriation (contrat local)Sortie des assurances suisses ; assurance facultative AVS possible hors UE/AELE après 5 ans d'assurance (art. 2 LAVS)Le salarié, auprès de la Caisse suisse de compensationDemande dans l'année qui suit la sortie de l'assurance obligatoire

Le maintien des assurances suisses, branche par branche

Ce que l'A1 garde, ce qu'il faut régler à part

AssurancePendant un détachement avec A1 (UE/AELE)Démarche
AVS, AI, APGMaintenues, sur tout le salaire, comme en SuisseAttestation A1 demandée par l'employeur à sa caisse AVS (ALPS)
Assurance-chômageMaintenue ; cotisations suisses jusqu'au plafond de 148 200 francsComprise dans l'A1
Allocations familialesVersées selon le droit suisse, qui reste applicableSignaler la mission à la caisse d'allocations familiales
Accidents (LAA)Maintenue 2 ans, jusqu'à 6 ans sur demande (art. 4 OLAA)Écrire à l'assureur avant le départ
Prévoyance professionnelleMaintenue en principe tant que l'AVS suisse s'appliqueAnnonce à la caisse de pension ; lire son règlement
Assurance maladie (LAMal)Maintenue ; carte européenne pour les soins sur placePrévenir la caisse maladie ; vérifier la couverture des proches qui suivent
Perte de gain maladieSelon le contrat d'assurance : souvent limitée hors de SuisseConfirmation écrite de l'assureur
Sans A1 ni conventionAVS seulement si l'employeur y consent (art. 1a al. 3 let. a LAVS) ; ailleurs, assurances du paysDemande à la caisse AVS ; conseil sur place

Travailler dans plusieurs pays

Une seule loi sociale, et des règles fiscales à part

Activité dans plusieurs États(au moins 5 % ailleurs)Au moins 25 % dans l'État de résidence ?ouinonLoi de l'Étatde résidenceUn employeur, ou plusieursdans un même État ?ouinonLoi de l'État du siègeRègles spécialesà vérifier
Schéma 2 : la règle des 25 % (règlement 883/2004, art. 13). Moins de 5 % d'activité ailleurs : activité marginale, ignorée.

Salaire, indemnités et frais pendant la mission

Ce qui est salaire, ce qui ne l'est pas : la clé de la paie

ÉlémentNatureAVSRemarque
Salaire de base pendant la missionSalaireOui (si l'AVS suisse s'applique)Garder au moins le salaire suisse, ou le salaire minimum du pays d'accueil s'il est plus élevé
Prime de mobilité, d'éloignement ou de pénibilitéSalaireOuiÀ écrire dans la lettre de mission ; imposable
Indemnité de coût de la vieSalaireOuiCompense un pays plus cher : c'est un complément de salaire
Billets d'avion, trajetsFraisNonRemboursement des dépenses effectives (art. 327a CO)
Logement payé pendant la missionFrais si la mission est temporaireNon, dans les limites admisesLogement durable à l'étranger pour une expatriation : avantage salarial à évaluer
Repas, nourriture sur placeFraisNonSur pièces ou forfait admis par le règlement de frais
Voyages de la famille, écolageSelon le casÀ vérifierSouvent considérés comme avantage salarial ; à régler avec la caisse et le fisc
Impôts du pays d'accueil pris en chargeSalaireOuiUne prise en charge d'impôt est un revenu supplémentaire

La paie du détachement, pas à pas

Dans les deux sens ; le détail des cases est sur le certificat de salaire

ÉtapeMission depuis la Suisse (A1)Détaché qui vient en Suisse
Avant le premier salaireCréer un code de mission : pays, dates, A1, indemnitésVérifier l'annonce ou le permis et l'A1 du pays d'envoi
Cotisations socialesSuisses, comme avant (AVS, AI, APG, chômage, LAA, LPP)Aucune cotisation suisse si l'A1 du pays d'envoi est produite ; sinon, affiliation en Suisse
Primes de mobilitéAjoutées au salaire soumis aux cotisationsComptent dans la comparaison avec le salaire minimum suisse
Frais de voyage, logement, nourritureRemboursés à part, sans cotisations, sur pièces ou forfait admisRemboursés en plus et hors salaire (art. 22 al. 2 LEI)
ImpôtPas d'impôt à la source suisse pour un résident ; au-delà de 183 jours ou si l'entité d'accueil supporte le salaire, impôt du pays d'accueil, souvent par une paie « miroir » localeSelon le canton et la durée, impôt à la source suisse possible : se renseigner auprès de l'administration fiscale
Certificat de salaireTout le salaire et les avantages ; les frais effectifs ne figurent pas au salaireÉtabli par l'employeur étranger selon son droit ; en Suisse s'il y a une paie suisse
Au retourClore le code de mission, annoncer le retour aux assurancesConserver annonces, A1 et décomptes 5 ans au moins pour les contrôles

La lettre de mission

Seize points à écrire avant le départ

Le contrat de travail continue ; un avenant ou une lettre de mission écrit ce qui change. L'employeur doit de toute façon informer par écrit des éléments essentiels (art. 330b CO), et la loi applicable au contrat se détermine selon le lieu de travail habituel (art. 121 LDIP) : une mission temporaire ne le change pas, une expatriation oui.

ApplicationLa liste de contrôle de la lettre de mission

Le calendrier : qui fait quoi, quand, comment

De l'idée de mission au retour

J − 90analyser,chiffrerJ − 45lettre de mission,demande d'A1J − 30visa, permis,déclaration localeJ − 8annonce d'undétaché en SuisseJ − 1annonce d'un emploide 3 mois au plusJour Jcopie des titresau dossierPendantcompter 90 j,183 j, 24 mois
Schéma 3 : la frise des démarches, de l'analyse au départ.
QuandQuoiQuiComment
3 mois avantAnalyser : sens, pays, durée, nationalité, convention ; chiffrer salaire, primes, frais, impôtsRH et directionL'application « quelle situation ? » ci-dessus ; avis de la caisse AVS si doute
6 à 8 semaines avantLettre de mission signée ; demande de l'attestation A1 ou de détachementRH ; employeurAvenant écrit ; portail ALPS de la caisse de compensation
1 mois avantPermis ou visa du pays d'accueil ; déclaration de détachement dans le pays d'accueilEmployeur, entité d'accueilSites officiels du pays d'accueil
Avant le départPrévenir l'assureur accidents, la caisse de pension, la perte de gain ; assurance maladie et rapatriementRHÉcrit, avec la durée et le pays
8 jours avant (vers la Suisse)Annonce en ligne du détachementEntreprise étrangèreProcédure d'annonce du SEM ; dès le 1er jour dans les branches sensibles
La veille (vers la Suisse)Annonce d'un emploi de 3 mois au plus (UE/AELE)Employeur en SuisseProcédure d'annonce en ligne
Pendant la missionCompter les jours : 90 jours (annonce), 183 jours (impôt), 25 % (plusieurs pays), 24 mois (A1)RH, paieTableau des jours de présence, mis à jour chaque mois
Au retourFin de l'A1 ou prolongation ; certificat de salaire ; réintégrationRH, paieRetour annoncé aux assurances ; entretien de retour
ApplicationLe calendrier des démarches et les 90 jours

Mobilité internationale : vos questions

Un ressortissant français engagé en Suisse pour deux mois a-t-il besoin d'un permis ?

Non : l'employeur l'annonce en ligne, au plus tard la veille du début. Limite : trois mois ou 90 jours de travail par année civile.

Procédure d'annonce, SEM

Un technicien allemand vient installer une machine pendant 5 jours. Faut-il l'annoncer ?

Non si c'est la première prestation de l'année et qu'elle dure 8 jours au plus, hors branches sensibles ; sinon, annonce 8 jours avant.

Procédure d'annonce, SEM

Notre collaborateur part 18 mois en Italie. Reste-t-il à l'AVS ?

Oui, avec l'attestation A1 demandée par l'employeur à sa caisse AVS avant le départ, s'il travaille pour vous et ne remplace pas une autre personne détachée.

Règlement (CE) 883/2004, art. 12

Et s'il part 3 ans ?

Au-delà de 24 mois, l'employeur demande un accord particulier ; l'OFAS le négocie avec le pays d'accueil. En pratique, 5 à 6 ans au total au maximum.

Art. 16 du règlement ; OFAS

Les indemnités de logement d'un détaché en Suisse comptent-elles dans le salaire minimum ?

Non : les frais de voyage, de logement et de nourriture sont remboursés en plus et ne font pas partie du salaire.

Art. 22 al. 2 LEI

Peut-on engager un Britannique pour un job d'été sans permis ?

Non : depuis le Brexit, la procédure d'annonce ne vaut plus pour un emploi en Suisse ; il faut une autorisation cantonale.

SEM

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Bases légales et sources officielles

Loi sur les étrangers et l'intégration (LEI), art. 11, 18 à 23, 32 à 35, 91, 117 et 122 ; accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), annexe I ; loi sur les travailleurs détachés (LDét), art. 2 ; règlement (CE) 883/2004, art. 11 à 16 ; LAVS, art. 1a et 2 ; OLAA, art. 4 ; CO, art. 327a et 330b ; LDIP, art. 121. Pages officielles : SEM (procédure d'annonce, permis UE/AELE), OFAS (travailleurs détachés, ALPS), Conseil fédéral (contingents 2026, communiqué du 19 novembre 2025).

Ces repères n'ont pas valeur juridique. Les montants et les règles changent chaque année, et chaque situation a ses particularités. Vérifiez toujours à la source officielle citée, ou auprès de votre caisse de compensation.
Le trio de TransparenceRH salue